Boldt Castle et Thousand Islands : une histoire d’amour

Tourisme

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En route, ou disons plutôt en naviguant, vers le Boldt Castle, j’écoute attentivement Anne-Marie Forcier, bien connue dans la région, me raconter l’histoire d’amour entourant ce château mythique. Le soleil qui me réchauffe le visage et le vent qui fait virevolter mes cheveux, je suis heureuse, l’eau c’est mon dada, et je soupire comme une demoiselle en manque de câlins.

Moi, les grands gestes amoureux, je craque toujours. C’est peut-être le trop-plein de films à l’eau de rose écoutés au fil des années ou mon côté fifille, mais bon, j’assume pleinement mon côté cheesy.

Bref, j’absorbe chacune de ses paroles lorsqu’elle m’explique que l’île sur laquelle trône le Boldt Castle est en forme de cœur et que le domaine a été érigé par George Boldt pour sa femme, Louise. Heart Island, c’est littéralement la déclaration d’un amour immense entre deux personnages marquants de l’histoire de la région de Thousand Islands.

Et là, on ne parle pas d’un simple amoureux ordinaire avec un bouquet de dépanneur et une carte Hallmark achetée à la dernière minute. Non, non. Monsieur Boldt, c’était un millionnaire au cœur d’or. Le grand patron du célèbre Waldorf Astoria New York, rien de moins. Si, comme moi, vous êtes des Gen X assumés, ce nom vous rappelle sûrement le film Coming to America qu’on regardait dans notre jeunesse. Et c’est drôle comme certaines histoires de cinéma semblent presque entrer en résonance avec la réalité, parce que bien avant qu’Hollywood nous serve ses grandes romances princières, George Boldt écrivait déjà la sienne.

88 ans avant la sortie de ce classique des années 80, le château commençait déjà à voir le jour. George, appelons-le ainsi pour romantiser encore un peu plus l’histoire car son nom fait assez princier, avait entrepris la construction de cette résidence d’été grandiose en hommage à sa tendre moitié. Mais en 1904, sa femme Louise décède malheureusement. Dévasté, George ne remettra plus jamais les pieds sur l’île. Le chantier s’arrête net, comme figé dans le temps tout comme son cœur brisé.

Pendant près de 70 ans, le château restera abandonné, laissé aux intempéries et au vandalisme, jusqu’au jour où la Thousand Islands Bridge Authority l’acquiert en 1977, mon année de naissance, rien de moins. Si ça, ce n’est pas un signe que je suis destinée à une vie romantico romantique, je ne sais pas ce que c’est. Le site est alors acheté pour la somme symbolique de 1 $. Un dollar auquel s’ajouteront ensuite des millions investis au fil des années pour restaurer les lieux, pièce par pièce, en demeurant le plus fidèle possible aux plans originaux imaginés par George pour sa douce Louise.

Encore aujourd’hui, certaines sections continuent d’être reconstruites avec un souci du détail impressionnant. Une bonne partie du financement provient d’ailleurs des ventes de billets pour la visite du fameux château. Et chaque dollar investi dans la visite en vaut la peine. Les pièces sont fabuleuses et on a envie d’y traîner les pieds, ou de pique-niquer sur le gazon verdoyant en regardant les vagues produites par les embarcations qui naviguent en grand nombre sur les eaux canado-américaines.

Sur place, adonnez-vous aussi à une chasse au trésor. Des cœurs se cachent partout : dans les balustrades, les plates-bandes et même dans les plus petits détails architecturaux. Comme des preuves silencieuses, mais bien tangibles, de l’amour immense que George portait à sa femme. Après ça, on se demande pourquoi on se contente d’un bouquet de fleurs une fois par année. Une seule visite au Boldt Castle risque sérieusement de faire grimper vos standards amoureux, les amis. Allez, amenez-en des gestes d’amour, des surprises, des mots doux envoyés par pigeon voyageur (par humain, ça fera aussi), du temps de qualité et des bisoux à profusion.

George a clairement mis la barre haut ! Attachez votre tuque si vous voulez lui arriver à la cheville. George a non seulement laissé sa trace au château et dans l’histoire de cette région ontarienne (et probablement dans le cœur de sa douce) mais il a aussi marqué l’histoire culinaire de la région. Tout un homme.

Parce que tant qu’à parler de Georges, pourquoi ne pas parler de cette fameuse vinaigrette Mille-Îles que l’on adore dans nos burgers et nos salades, qui aurait été popularisée par le chef de M. Boldt au Waldorf Astoria New York. Les légendes autour de sa création racontent deux versions, et aucune n’est vraiment confirmée.

La première vient directement de la région de Thousand Islands, et selon la tradition régionale la plus ancienne, la recette aurait été créée par Sophia LaLonde, épouse du guide de pêche George LaLonde, un pêcheur américain. Sophia préparait des « shore dinners », ces repas servis au bord de l’eau pour les riches visiteurs venus pêcher dans les Mille-Îles. Elle aurait imaginé une sauce à base de mayonnaise, de ketchup, de relish, d’œufs, de cornichons, d’olives et d’épices. La légende raconte ensuite qu’une actrice du nom de May Irwin y aurait goûté et en aurait parlé à l’entourage de M. Boldt.

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Une vinaigrette à se procurer lors de votre visite

La deuxième version est plus improvisée, presque digne d’une anecdote de pêche (vous suivez le lien avec le guide de pêche), vous savez, ce genre d’histoire où le poisson devient soudain trois fois plus gros que la réalité. Elle raconte que le chef Oscar Tschirky surnommé « Oscar of the Waldorf », déjà connu pour avoir popularisé plusieurs plats célèbres comme la salade Waldorf et les œufs bénédictins, mes préférés pour le brunch, aurait improvisé la chose directement sur le bateau lors d’une sortie avec les Boldt. Pris de court, il aurait improvisé une sauce sur place avec ce qu’il avait sous la main parce qu’il aurait tout simplement oublié la vinaigrette du repas. Une création de dernière minute devenue, contre toute attente, un classique dans nos chaumières.

Les chefs aiment bien ça, s’approprier les cuisines d’ici et de là. Mon intuition me dit qu’il aurait goûté à la chose lors d’un fameux “shore dinners” et aurait copié la chose. Je pencherais donc pour la version de Mme LaLonde, même si je n’en ai aucune preuve. Mettons ça sur le compte de mon instinct féminin un peu trop aiguisé, ou de mon petit faible assumé pour la solidarité féminine.

Bref, on peut donc affirmer qu’on peut toucher du bout du doigt (ou de la fourchette) le grand amour, ne serait-ce que l’instant d’une visite aux Thousand Islands, que ce soit en parcourant ce chef-d’œuvre architectural qu’est le Boldt Castle ou en dégustant une salade garnie de la fameuse vinaigrette. Deux expériences bien différentes, mais toutes deux avec un arrière-goût de romantisme, le couple Boldt… comme une histoire d’amour qui refuse de disparaître. Du moins, c’est comme ça que je veux le voir. Petite romantique que je suis, va !

Pour plus d’informations sur la région, consultez leur site internet :  1000 Islands Tourism

Décharge : J’ai été accueilli gracieusement par la région de Thousand Islands en tant que média. Cependant, les opinions émises sont les miennes et ce texte n’a aucunement été révisé par la région.

Publié le 13 mai 2026
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