J’ai toujours eu un crush majeur pour le Bas-Saint-Laurent. Cette destination gourmande est un passage obligé pour toute personne qui aime la bonne bouffe authentique dans un décor enchanteur. Quoi de mieux que de flâner de village en village, avec une vue imprenable sur le fleuve, tout en dégustant les merveilles culinaires de la région ? J’y retourne encore et encore, sans jamais cesser d’y découvrir de nouvelles adresses.

Lors de mon dernier passage dans le Bas-Saint-Laurent, j’ai concentré mes découvertes sur Cacouna, Rivière-du-Loup et Kamouraska, trois lieux au charme indéniable qui n’ont pas leur pareil. Les vieilles maisons colorées où l’on rêve de s’installer. Les commerces et galeries d’art où il fait bon traîner. Les poissonneries débordantes de produits frais et les boulangeries et leurs fournées qui embaument les rues dès les petites heures du matin.
Les restaurants tenus par des chefs passionnés dans une ambiance remarquable, mettant en vedette les produits du terroir avec une générosité désarmante. Le Bas-Saint-Laurent a tout pour plaire. Lors de ma dernière visite, j’ai d’ailleurs eu la chance de découvrir l’un de ces petits nouveaux, pour le plus grand bonheur de mes papilles. J’en suis encore toute bouleversée. Je te garde cependant en haleine: je te le présente à la fin de ce billet, comme un dessert qui vient parfaire un repas copieux.
Pour se réveiller en beauté
N’oublie pas de noter les adresses que j’ai dénichées : elles valent absolument le détour lors de ton prochain passage dans le Bas-Saint-Laurent.

Situé au cœur du centre-ville de Rivière-du-Loup, le resto-pub L’Estaminet est notamment réputé pour ses déjeuners gourmands et copieux. J’ai craqué pour leurs œufs bénédictine à l’effiloché de jambon braisé maison, qu’on m’avait chaudement recommandés et ce fût un très bon choix . Je suis très exigeante en matière de sauce hollandaise : je la veux soyeuse, pas trop salée, avec ce petit goût de beurre bien prononcé. Je déteste celles qui virent au vinaigre.

Celle-ci était parfaitement équilibrée, tout comme les accompagnements dans l’assiette. Le café, enveloppant à souhait, et le service rapide et impeccable n’ont fait qu’ajouter au plaisir ce matin-là. Je ne pouvais rêver mieux qu’un déjeuner gourmand et bien exécuté sur une terrasse, au soleil, à rythme doux, après quelques semaines en road trip quelques peu épuisantes.
Pour réserver ou en savoir plus : L’Estaminet

Après le repas, je te conseille de faire comme et d’aller faire une promenade au Parc des Chutes, situé à quelques minutes de là. Le grondement de l’eau, la forêt et la nature foisonnante offrent un cadre parfait pour digérer un repas aussi copieux. Une pause nécessaire et ressourçante.

Si tu souhaites un repas plus simple mais ô combien délectable, remonte un peu vers le nord, toujours en longeant le fleuve et arrête-toi à Racines boulangerie fermière. Attention toutefois : ce petit trésor est très prisé. On y fait la file tôt le matin pour mettre la main sur leurs fameuses pâtisseries et leurs pains tout juste sortis du four. Je te recommande de t’y installer un moment, puis de repartir avec quelques douceurs pour prolonger le plaisir à la maison ou pour grignoter en admirant les reflets du soleil sur le fleuve.

Imagine-toi croquer dans une baguette-épi à l’ail et au fromage tout en observant les mammifères marins au loin, à Putep’t-awt (le site d’observation du béluga) ou sur la grève confortablement assis sur une grosse roche en te laissant bercer par le bruit des vagues. Bonheur garanti, surtout si tu termines ton repas avec leur cruffin à la crème parfumée au foin d’odeur. C’est renversant.
Pour en savoir plus : Racines Boulangerie Fermière

C’est l’heure du lunch
Pour le dîner, fais un petit détour par Saint-Germain-de-Kamouraska et arrête-toi chez Cabouron* pour découvrir la cuisine de Romane, jeune boulangère, et de son conjoint Philippe, charcutier. Tu l’auras deviné : quand une boulangère et un charcutier s’aiment, ça donne forcément de sacrés bons sandwichs. Je te les recommande sans hésiter. Leur cuisine est à l’image de la famille : simple, sincère et pleine de chaleur.

Les parents et même le frère de Romane participent au projet, et on sent tout l’amour familial dès qu’on passe la porte. C’est l’une de mes plus belles rencontres dans la région. Ils sont si attachants et talentueux, on serait fou de s’en passer. Après avoir goûté leurs délices, va te dégourdir les jambes sur le circuit du Cabouron, une boucle de 8,5 km de niveau intermédiaire offrant des points de vue exceptionnels sur la région de Kamouraska.
*Nommé ainsi en référence aux cabourons, ces formations géologiques qu’on retrouve un peu partout dans la région. Ce sont de petites collines isolées qui s’élèvent au-dessus des plaines, semblables aux inselbergs que l’on croise ailleurs dans le monde. On croit qu’elles se sont formées à la suite de l’érosion provoquée par les glaciers.
La boulangerie est ouverte de mai à décembre. Toutes les informations sont ici : Au Cabouron

À une vingtaine de minutes de route de là, fais un arrêt chez El’Drée Tacos, une petite cantine qui sert une cuisine mexicaine éclatante. Tout y est fait maison (salsas, plats, sauce piquante, jus et paletas) et ça se goûte dans chaque bouchée. Un vrai bijou.

J’adore la vibe du lieu, et je ris encore en repensant à cette phrase sur leur site : « Non, on ne sert pas de frites. Oui, il y a de la coriandre partout. » J’aime les cuisines assumées, et celle-ci l’est pleinement. Un détour à ne pas manquer pendant la saison estivale. VIVE LA CORIANDRE.
Pour en savoir plus : El’Drée Tacos

Pour bien finir la journée
Envie de fruits de mer, de pokés ou de sushis ? Direction Pêcheries Ouellet Fumoir Artisanal à Kamouraska. Leurs produits de la mer fumés sont à se rouler par terre. Giga coup de cœur pour leurs brisures de saumon fumé à froid et leur anguille fumée. Du pur bonheur en bouche. Apporte ta glacière et fais le plein de crevettes, de poissons et de produits frais. C’est exactement ce que j’ai fait et j’ai pu ainsi prolonger mon séjour à la maison.
Pour en savoir plus : Pêcheries Ouellet Fumoir Artisanal

Et ma dernière recommandation gourmande (non la moindre) c’est Maqahamok, pub wolastoqey et restaurant autochtone. Ouvert au printemps dernier, il est dirigé de main de maître par le jeune et brillant chef Maxime Lizotte.
En wolastoqey, « maqahamok » signifie « rassemblement ».
Maxime a fait ses classes dans les réputés restaurants Le Saint-Amour et Légende avant de voler de ses propres ailes. Son petit dernier est un bijou : ambiance conviviale, plats délectables et créativité plein l’assiette. Je me suis laissée guider par lui lorsqu’est venu le temps de choisir mon repas et je ne regrette rien, même pas une bouchée. Bon, mon jeans pleure encore un peu, peut-être, mais mes papilles s’en souviennent encore.

Plats gourmands, généreux et d’exception
Le chef Lizotte est le premier à m’avoir fait aimer la polenta. Je lui avais avoué d’emblée que ce n’était pas ma tasse de thé. Il m’a simplement répondu, confiant : « Tu changeras d’idée avec la mienne. » Et il avait raison. Son plat « Viande fermière », composé de gigot d’agneau des Bergeries Adalie, de saucisses merguez, de sa polenta fondante et de légumes de saison, le tout nappé d’un demi-glace d’agneau, est un pur délice. Prépare-toi à déboutonner ton pantalon, car ici, la générosité est reine.

Surtout si, comme moi, tu commences ton repas avec le cromesquis crémeux au homard, mollusques marinés et espuma d’oursins (Sak naka musahkuhsok). Un plat qui frôle la perfection. Je me revois encore, assise au bar, retenant de justesse quelques soupirs de bonheur pour ne pas me faire remarquer. C’était divin.

Du début à la fin, le Maqahamok a été une expérience gourmande pleinement assumée. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vanté les mérites d’un restaurant avec autant d’enthousiasme. C’est un arrêt incontournable. Maxime Lizotte est non seulement un chef talentueux, mais aussi une personne lumineuse, curieuse et passionnée, qui ne cesse d’apprendre et de repousser ses limites. Ce genre d’humain qui inspire. Coup de cœur majeur pour l’ensemble de son œuvre.
Pour réserver ou en savoir plus : Maqahamok, pub wolastoqey

Avant de quitter la région, n’oubliez pas de faire un arrêt à la superbe boutique Le Fil Bleu, située dans le charmant village de Kamouraska. Vous y trouverez tout ce qu’il faut pour ramener dans vos bagages un morceau du Bas-Saint-Laurent : un souvenir impérissable qui prolongera votre bonheur tout au long de l’année. Prenez d’ailleurs le temps de discuter avec la charmante propriétaire Fabrice Roy-Plourde qui a une passion inégalée pour les artisans du Québec. Vous me remercierez.
Pour réserver ou en savoir plus : Le fil bleu
Bref, le Bas-Saint-Laurent n’a pas fini de m’éblouir. Il semblerait qu’à chaque visite, la région réussit à me surprendre comme si c’était la première fois. Définitivement une région à découvrir encore et encore.

Où dormir :
J’ai beaucoup aimé les installations de l’Hôtel Le Navigateur, situé au centre-ville de Rimouski. Je m’y suis arrêtée en chemin vers Rivière-du-Loup et j’ai adoré. L’endroit est moderne, bien entretenu et l’accueil y est excellent. C’est un lieu idéal si vous voyagez en famille, puisque l’hôtel abrite un restaurant de la chaîne Pacini, qui fait toujours plaisir aux petits comme aux grands.
Pour réserver ou pour obtenir des informations, c’est par ici : Le Navigateur

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