On respire un grand coup !

Famille

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Avec le retour en classe qui ne se fera pas en présentiel, je pense tous les jours à mes amis parents qui doivent se taper ce calvaire scolaire avec leur enfant. Cette routine métro-boulot-dodo déjà complexe quand tu as des petits loups devient soudainement une tâche colossale et un casse-tête avec beaucoup de pièce. Un gros puzzle impossible à réaliser et je n’ose même pas imaginer la panique intérieure ( et la fatigue) qu’ils vivent en ce moment.

Juste d’avoir à « dealer » avec le caractère changeant de mon ado depuis 2 ans qui a terminé son secondaire dans des conditions de caca, a été assez pour me donner envie de démissionner de ma job de parent. Alors imaginez devoir gérer 2,3, voir 4 horaires de classe différents, autant d’ordinateurs et de tablettes ouvertes par-dessus ton boulot de 9 à 5. Tsé celui qui te permet de payer tes comptes et le toit sur ta tête.

Noah, fils de Nathalie et beau-fils d’Alex, les deux extraordinaires humains derrière le look de mon nouveau site !

Je capote juste d’y penser. Je me suis aussi rappelé toute la pression qu’on se met jours après jour pour être performant et efficace tout en conservant un semblant de santé mentale. On navigue à travers nos journées comme des naufragés qui cherchent à ne pas se faire engloutir par les vagues qui se succèdent. Tout ce que j’entends dans ma tête c’est Céline qui crie à tue-tête : « TAKE A KAYAK, TAKE A KAYAK ».

Ben ma Céline, je ne veux pas te décevoir, mais des fois, y’en a pas de kayak ! On ne vit pas tous dans une île paradisiaque entourée d’une horde de gens qui vont nous aider aux premiers claquements de doigt. Malheureusement, la vie ne nous en donne pas toujours de foutu kayak et on doit apprendre à pagayer avec nos mains ou avec des pagaies gossées avec nos dents dans une vieille branche morte ! C’est aussi ça la vie. Et attention, je suis la première à me mettre une pression immense sur les épaules, même si je ne suis pas aux prises avec ce problème de cours à distance.

Louca, fils de Lyne (derrière Lyne Labelle Traiteur) qui accompagne maman au boulot !

Là, tu dois te demander pourquoi j’écris sur le sujet alors. C’est, dans les faits, deux commentaires « back à back » qui m’ont été faits hier qui m’ont donné envie d’écrire ce texte aujourd’hui. Le premier est venu d’une lectrice au cœur tendre qui m’a suggéré de prendre plus de temps pour moi, que j’en faisais déjà beaucoup et que je n’étais pas obligé de refaire toutes mes photos laides du site, que la perfection n’était pas toujours de mise et que dans la vraie vie, les gens n’avaient pas des assiettes toujours mignonnes sur la table. Quoique mes raisons pour les refaire étaient d’ordre technique et informatique (je ne rentrai pas là-dedans), ces mots ont quand même raisonné en moi.

Ma belle Léonie, fille de ma copine Fanny, la best mom ever !

S’en ai suivi une réplique toute douce de ma belle amie Fanny. Suite à un compliment que je lui donnais (best mom ever), elle me répondait du tac au tac : « je fais juste mon gros possible comme toutes les autres moms ! » Elles ont toutes deux raisons. En temps normal, tous les parents (et les humains en général) font leur gros possible avec les situations qui leurs sont présentées. Puis je pense que c’est le moment, après 2 années complètes dans une situation hors du commun, de lâcher prise.

Moi, aussi, je brûle des affaires !

Alors ma belle fourchette, je voulais prendre le temps dans tout ce chaos, de te rappeler que c’est tellement OK de ne pas performer aux fourneaux (ou ailleurs). C’est OK si ton ragoût ressemble plus à de la bouette qu’à la photo Pinterest qui t’a inspiré. C’est OK si tu n’as pas réussi la cuisson de ton steak et que tu pourrais tuer quelqu’un avec tellement il est raide, raide. C’est OK si ton repas n’est pas la combinaison parfaite de protéines, légumes et féculents comme le propose le guide alimentaire canadien, voilà d’ailleurs un autre sujet de lâcher prise de choix. C’est tellement OK de manger des céréales pour la 3e fois cette semaine pour souper. C’est encore plus OK que tu donnes ton argent au McDo pour t’alléger la tâche. C’est même super OK de plier aux caprices de tes rejetons parce que tu as eu assez de combats dans la journée pour gagner l’équivalent d’une 3e guerre mondiale. 

La belle Rhowenn, fille de Cynthia qui travaille fort dans la cuisine !

La perfection n’existe pas ! En fait, je dirais même que la perfection est d’une « mochitude » extrême. Elle est une illusion et un but inatteignable dans la vie comme en cuisine. Puis si ça peut te faire rire, hier, on a cherché ma fille et moi pourquoi ma croustade goûtait le sel comme si on avait échappé la salière dedans. Après avoir analysé la situation pendant 20 minutes, on n’a pas trouvé le pourquoi du comment.

Pourtant, c’est une recette que j’ai faite des dizaines de fois. Mais comme je cuisinais plusieurs choses à la fois et que j’ai la concentration d’une crevette en ce moment, je me suis dit que j’avais peut-être salé ma croustade au lieu de ma sauce qui mijotait sur le rond. Chose qui expliquerait pourquoi ma sauce était fade à souhait. J’ai eu beau chercher, on en a conclu qu’on s’en fouttait un peu ! De toute façon, on ne le saura jamais. Et, comme je n’ai pas des caméras partout dans la maison comme dans celle de Big Brothers, impossible pour moi de rejouer la séquence. C’est peine perdue. Ça arrive. Nul besoin de chercher de midi à quatorze heures comme disait ma mère.

Mon petit-déjeuner ne ressemble pas à ça tous les matins, loin de là !

Juste de se dire que c’est Ok d’avoir raté la chose et de l’accepter avec humour, c’est bien suffisant. Ben oui, j’ai raté la chose ! Je ne t’apprends sûrement pas qu’ici aussi, ça sent le brûlé par moment. Qu’ici aussi, les œufs collent dans le poêlon et les pâtes roulent dans notre bouche de temps à autre. Qu’ici aussi, les nachos crament dans le four quand on oublie qu’on a mis le four sur BROIL. Qu’ici aussi, on se commande du Subway même si le frigo est rempli de bons petits plats parce que juste l’idée de lever son derrière du divan nous répugne. Qu’ici aussi, je mange des toasts au Cheez Whiz au lieu de la belle soupe tonkinoise qui n’attend que moi sur la tablette de mon frigo. Qu’ici aussi, ma fille lève le nez sur le repas que j’ai cuisiné pendant des heures préférant la poutine du Benny’s que son patron lui a offert. Ici… aussi !

Élora, ma fan la plus fidèle sur Cinq Fourchettes ! Un petit coeur sur deux pattes !

Alors faut arrêter de se mettre toute cette pression. En ce moment, c’est encore plus vrai que vrai ! C’est même essentiel. Alors, je te lance le défi de me montrer ton repas moche qui t’a apporté tout le réconfort du monde malgré sa « mochitude ». Ce repas, ma fourchette, était probablement la chose la plus parfaite pour toi à ce moment-là et c’est ça qui est important. Pas son look, pas son équilibre, pas sa complexité… non mon ami, son réconfort. On se montre ça en commentaire sur Facebook et on se réconforte ensemble. On laisse tomber la pression, ensemble.

Je t’aime ma fourchette et je suis, vraiment, mais vraiment de tout cœur avec toi ! Si je peux t’aider, écris-moi. Ça me fera plaisir de te tendre la main. En attendant, « kick-moi » la culpabilité dans le banc de neige et laisse-la se geler le popotin dans le banc de neige.

 

Publié le 12 janvier 2022

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