Et si on réinventait les maudites levées de fonds scolaires ? C’est la question que je me suis posée quand ma fille de 13 ans m’a demandé en secondaire 2 d’aller en Grèce avec l’école. Ma première question a été, la Grèce, très cool, mais ça va coûter combien ça ? Juste 3500 $ de me lancer la petite les yeux pétillants. J’ai failli m’étouffer avec mon café ! Quoi ? Écoute ma belle, maman adorait ça que tu puisses y aller. En fait, je trouve que voyager pendant qu’on est jeune c’est quasi essentiel pour t’ouvrir sur le monde, mais 3500  bidous ma chérie, 3500 !!!!!

Il faut noter que je me séparais à ce moment et que jamais dans 100 ans je n’avais ces sous là à lui donner. En plus, ça allait contre mes principes de parents de juste dire : « Pas de trouble, ma poulette, maman va te donner ça tout cru dans l’bec. » EEEE non !  Parce que tsé, j’en ai travaillé des heures pour gagner ses sous là et ce serait assez injuste pour moi et pour ses frères que je glisse les liasses d’argent dans ses poches de même sans le moindre effort. Injuste qu’elle passe 10 jours dans l’un des plus beaux pays du monde pendant que nous on mange des pâtes à la maison en priant pour que la clim ne nous pète pas dans les mains pendant la canicule parce qu’on n’a rien d’autre à faire que de faire la patate de divan parce qu’on est cassé.

Pis là, je lui ai lancé un « Écoute ma belle, c’est beaucoup de sous, tu sais ». Elle de me dire sans détour : « Je le sais maman et je vais les ramasser toute seule en gardant des enfants puis en demandant des sous à ma fête et à Noël ». Non loin de vouloir la décourager, mais plutôt de la ramener sur le plancher des vaches, je lui ai fait comprendre que ça allait en prendre plus que ça pour ramasser 3500 $ en moins d’un an.

Le maudit C

Pis là, le couperet est tombé. Elle m’a lancé l’infâme phrase que tout parent redoute. Ce mot qui nous fait faire des reflux gastriques à chaque maudite année scolaire qui passe dans nos vies. « Maman, pas de stress, je vais vendre du chocolat. Tu pourrais m’en acheter ». BEURK ! LE MAUDIT CHOCOLAT pas mangeable qui coûte la peau des fesses et qui tombe tout autant dedans ! Hell no que tu vas nous faire acheter du chocolat dégueulasse à 5$ la barre ma belle.

Là, mon cerveau, apeuré comme un chevreuil devant un 10 roues sur l’autoroute roulait à 100 miles à l’heure. Qu’est-ce que je vais faire avec ça ? Elle veut voyager. Elle veut ramasser ses sous toute seule. Elle a de la drive. Je ne vais pas éteindre ça, taudine. Ça serait contre ma nature profonde de maman qui pousse tout le temps mes loulous à devenir de meilleurs petits êtres humains. Je me sentais dans une impasse. À me battre contre mes valeurs et mes envies de voir mes enfants vivre leurs rêves à fond.

Emma en train d’apprendre à faire de la poterie avec une charmante dame en Grèce

Idée de génie

Pis là, j’ai eu un éclair de génie (après une mort cérébrale qui a duré de longues, longues minutes). « Ma belle Emma, j’ai une idée crime puff ! Tu sais cuisiner toi. Pourquoi tu ne fais pas de la boustifaille que tu vas vendre à notre entourage ? Ça serait beaucoup plus sain que du chocolat et beaucoup plus attirant pour les gens. » Après tout, qui peut résister à un pesto fait maison, à une sauce spag cuisinée avec amour ou à un pot de caramel salé maison. Pour ça, tout le monde est prêt à sortir des billets de son portefeuille ben plus que pour du concentré de cire en forme de palette de chocolat.

Sans hésiter un seul instant, la cocotte a plongé dans le projet, tête première. Je le savais bien que ça me demanderait un peu de jus coude à moi aussi, mais après tout, c’est aussi mon rôle de parent de lui apprendre à cuisiner. Aussi bien faire une pierre deux coups. Et bien les amis, non seulement elle a cuisiné comme un chef, mais elle a tellement ramassé de sous qu’elle est même revenue de son voyage avec un surplus de 70 euros ! 70 euros qui lui a servi à sortir avec ces amis pendant l’été, ici, au Québec. C’est « ti pas marvelous ça » !

À votre tour

Alors, je me suis dit qu’il serait intéressant de vous en parler afin de vous donner espoir. Il y a, les amis, autre chose que les tablettes de chocolat qui goûtent mauvais pour lever des sous pour les projets de votre marmaille. C’est en plus super formateur et ils comprennent au passage tellement plus la valeur du voyage qu’ils feront par la suite. Quand votre tite progéniture aura passé 3 heures à retirer des feuilles de basilic sur des tiges. Quand il aura coupé des céleris à ne plus vouloir en voir pendant 2 mois ou qu’il aura stérilisé des dizaines de pots Masson, je vous garantis que chaque moment vécu dans son voyage scolaire (petit ou grand) sera gravé dans sa mémoire. Ils auront un respect immense envers vous de les avoir poussés à le faire et la fierté ressentie après tout ce boulot n’en sera que décuplée. Voici donc la liste des recettes qu’elle a faites afin de vous inspirer. N’ayez pas peur et lancez-vous. C’est touchant de les voir aller.

  1. Pesto (Cinq Fourchettes) – 1 pot 250 ml pour 9 $
  2. Pop Cake (nous avons pris celle-ci) – 3 cakes pops pour 2 $
  3. Sauce spaghetti à la viande (Cinq Fourchettes) — Pot de 500 ml pour 9 $
  4. Caramel salé (Ricardo) — 3 pots de 125 ml vendus 4 $ chacun
  5. Boules de pâtes à biscuits congelés (Cinq Fourchettes) sac de 36 biscuits au chocolat pour 25 $
  6. Salsa à la Catherine 10 – 12 pots de 250 ml vendus 5 $ chacun

Salsa maison


Portion : 10-12 pots de 250 ml
Durée de cuisson : 45 minutes
Durée de préparation : 5 minutes + la mise en conserve
Degré de difficulté : facile

Ingrédients :

  • 3 boites grand format de tomates italiennes égouttées
  • 1 piment vert haché finement
  • 2 gros oignons hachés finement
  • 2 piments jalapenos hachés finement
  • 8 gousses d’ail hachées finement
  • 1 tasse de vinaigre blanc
  • 1 c. thé de cumin
  • 1 c. thé d’origan séché
  • 3 c. table de sucre
  • 2 boites de pâtes de tomates

Marche à suivre :

  1. Mettre tous les ingrédients dans un gros chaudron et faire cuire à découvert sur la cuisinière, à feu moyen, pendant 45 minutes. Durant la cuisson, brasser régulièrement en défaisant les tomates en petits morceaux.
  2. Les mettre en pots en utilisant la méthode de stérilisation (Voir le site de Bernardin pour la marche à suivre).