Thunder Bay : de l’améthyste, des grands espaces et quelques défis personnels

Tourisme

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À Thunder Bay, ma liste de choses à faire a rapidement pris une drôle d’allure : chercher de l’améthyste parce que c’est ma pierre de naissance, me retrouver devant des paysages beaucoup plus grands que moi, monter à bord d’un bateau et un canot sur le lac Supérieur, partir à la recherche d’un coucher de soleil dans le bois et, évidemment, repousser encore un peu mes limites. Bref, je n’ai pas chômé!

Ce que j’ai particulièrement aimé de ce séjour, c’est cette impression de pouvoir constamment essayer quelque chose de nouveau. Parfois, c’était une activité. Parfois, une rencontre. Parfois, simplement l’envie d’aller voir ce qu’il y avait un peu plus loin. Et oui, il y a eu quelques moments où mon cerveau m’a demandé si j’étais certaine de mon choix. J’ai continué quand même. Parce qu’au fond, c’est aussi pour ça que j’aime voyager : découvrir un nouvel endroit, mais aussi découvrir jusqu’où je suis capable d’aller.

Ma pierre de naissance m’attendait

Il y a une raison très personnelle pour laquelle j’étais excitée d’aller visiter l’entreprise Amethyst Mine Panorama. L’améthyste est ma pierre de naissance alors quand j’ai su qu’il y en avait dans la grande région de Thunder Bay, c’est clair que j’allais y aller. C’était tout indiquée pour moi ! Pourquoi ? Parce que non seulement la visite te permet de découvrir comment les cristaux se sont formés dans la région et comment ils sont extraits et ça, ça nourrit ma curiosité mais il est possible de fouiller la terre pour en trouver et ça, c’est bon pour l’enfant qui sommeille en moi.

Comme on se retrouve directement sur le site minier, on peut partir à sa recherche en creusant avec une petite pelle dans le sol. J’aimerais te dire que c’est difficile d’en trouver, mais non. Il y en a partout. Cependant, Il faut prendre son temps pour fouiller le sol avec beaucoup d’attention pour trouver les plus beaux morceaux.

La question qui tue ? En as-tu trouvé une qui te plaisait Nancy ? Tout à fait. Et oui, je suis repartie avec de l’améthyste dans mon bagage à main. Je ne pouvais quand même pas visiter une mine liée à ma pierre de naissance et rentrer à la maison les mains vides! En plus, c’est vraiment une activité ludique à faire puisque tu creuses, ramasses et laves les pierres. C’est comme une chasse aux trésors version facile. Toute la famille aimerait, j’en suis certaine. 

Des chutes qui ne passent pas inaperçues

Après avoir passé un bon moment à chercher de petites pierres, je suis allée voir quelque chose d’un peu plus difficile à manquer : Kakabeka Falls . Les chutes sont les deuxièmes plus hautes de l’Ontario après Niagara Falls et elles sont franchement impressionnantes. L’eau se précipite dans la gorge avec une force qui donne envie de rester là quelques minutes juste pour regarder. Tu sais ce son de vrombissement qui te fait sentir toute petite ? C’est magique. J’ai d’ailleurs pris le temps de jaser avec des gens qui visitaient les lieux qui s’y arrêtaient pendant un long “roadtrip” en partance de la Colombie-Britannique. Un petit moment avec des inconnus comme je les aime. Un petit bonjour à Bill et Judy du Mississauga. 

J’ai évidemment, entre deux sourires de bonheur, sorti mon appareil photo. Puis je l’ai rangé. Puis je l’ai ressorti. Je suis assez prévisible dans ce genre d’endroit, on dirait que j’en veux toujours une de plus ! Mais même avec une belle photo, il manque toujours quelque chose. Le bruit de l’eau, les embruns, la puissance du courant, la vibration. Bref, il faut vraiment être sur place pour comprendre l’ampleur du spectacle. Le petit coût d’entrée relié au stationnement au Kakabeka Falls Provincial Park en vaut grandement la peine. Un arrêt à faire sans faute.

Ouimet Canyon et les histoires qui viennent avec

À Ouimet Canyon Provincial Park, l’intérêt ne se limite pas au paysage. Le canyon est spectaculaire, mais j’ai aussi aimé découvrir les récits et les légendes liés au secteur. Les histoires autochtones associées au territoire donnent une autre dimension à la visite. Je trouve toujours intéressant de connaître ce qui se cache derrière un lieu que l’on vient simplement admirer. Ça permet de regarder le paysage autrement. Je vous invite à prendre le temps de lire les panneaux qui racontent l’histoire. Mais pour te donner une petite idée, la légende ojibwée raconte que le Ouimet Canyon Provincial Park a été créé par l’esprit Nanabijou et un gentil géant nommé Omett. Après qu’Omett eut accidentellement tué la fille de Nanabijou, Naiomi. Je ne t’en dit pas plus. Il faut le visiter pour comprendre. 

Le parc offre également des aménagements accessibles dans certains secteurs, avec des chemins qui facilitent la découverte pour les personnes en fauteuil roulant ou ayant une mobilité réduite. C’est le genre de détail que je trouve important lorsqu’on prépare un itinéraire. Parce que ce n’est pas tout de savoir qu’un endroit est magnifique. J’aime aussi savoir comment tout le monde peut réellement en profiter.

Bon, maintenant, parlons de hauteur

Je savais déjà que le Thunder Bay Lookout était haut. Mais entre savoir quelque chose et se retrouver devant le vide, il y a une petite différence. Jay me répétait de ne pas regarder en bas. Je ne sais pas si vous connaissez ma capacité à écouter les bons conseils. Elle est variable. Très variable.

Alors évidemment, j’ai regardé. Et j’ai immédiatement compris pourquoi il me disait de ne pas le faire. La vue est magnifique, mais le plateau d’observation donne quand même une bonne dose de vertige. J’ai donc pris quelques photos en essayant de ne pas trop m’approcher du bord. Puis j’ai regardé l’horizon comme il me l’a conseillé et c’était beaucoup plus sécurisant.

Mais je suis quand même contente de l’avoir fait. Parce qu’à force d’essayer de nouvelles choses, on finit par se surprendre soi-même. Et même si je n’ai pas soudainement décidé que j’adorais les hauteurs, je suis repartie avec la satisfaction d’avoir encore une fois osé aller voir par moi-même.

Un peu de hauteur, encore

Évidemment, mon séjour à Thunder Bay m’a aussi amenée du côté de Eagle Canyon Suspension Bridge, à environ 45 minutes de la ville. Le site compte deux ponts suspendus, dont un qui s’étire sur environ 600 pieds au-dessus du canyon. Le deuxième est plus court (300 pieds) et permet presque de se faire la main avant d’attaquer le plus impressionnant. Je dis « presque », parce qu’après quelques pas sur le premier, on comprend assez rapidement que le pont va bouger un peu et que nos jambes vont devoir s’adapter. À moins que ce soit ma peur des hauteurs qui faisaient bouger mes jambes de façon bizzare. Allez savoir ! 

Le grand pont est suspendu à environ 152 pieds au-dessus du sol et est le plus grand pont suspendu piétonnier au Canada. C’est suffisamment haut et long pour que je me sois concentrée sur autre chose que sur la distance qui me séparait du sol. J’ai tout de même traversé et, une fois arrivée de l’autre côté, j’étais bien contente de l’avoir fait. J’ai même réussi à faire un selfie (peu convaincant) au milieu de ce dernier.  Je me trouve bonne. Il faut dire que le site est bien aménagé et la traversée se fait dans un environnement sécuritaire, mais disons que l’expérience demande quand même de faire confiance à ses jambes et de ne pas trop écouter la petite voix qui trouve toujours une bonne raison de faire demi-tour.

Et surtout, ne faites pas seulement les ponts! Prenez le temps de descendre les nombreuses marches qui mènent au fond du canyon. C’est là qu’on réalise vraiment l’ampleur des falaises et qu’on peut regarder les ponts d’en bas. Oui, vos cuisses vont travailler. Les miennes s’en souviennent encore un peu. Heureusement, des bancs sont installés à différents endroits pour reprendre son souffle. Et si vous me cherchez pendant une pause, je suis probablement en train de prendre une photo. Ça a toujours l’air plus productif que de simplement reprendre mon souffle! Faut être efficace et stratégique .

Mackenzie Point : il faut parfois chercher un peu

À Mackenzie Point Conservation Area, il faut prévoir un peu plus de temps. On s’enfonce dans la nature et il faut être prêt à naviguer dans le bois pour trouver son chemin. Ce n’est pas nécessairement l’endroit où l’on va faire un arrêt de quinze minutes entre deux activités. Et tant mieux!

Parce que le coucher de soleil que j’y ai vu valait le déplacement. Le ciel s’est tranquillement teinté de couleurs et, pendant quelques minutes, tout semblait beaucoup plus calme. J’ai pris des photos. Beaucoup. Puis j’ai fini par ranger mon téléphone et profiter des lieux qui étaient d’un calme incroyable. Le genre de place où tu pourrais te coller assis sur une roche et juste contempler l’horizon sans dire un mot pendant de longues, longues minutes.

Il y a des moments où il faut arrêter d’essayer de capturer ce qu’on voit et simplement regarder. S,imprégner. Respirer. Se remplir le yeux, le coeur et les poumons de bon ! 

Une sortie sur le lac Supérieur

Le lac Supérieur avait déjà occupé une bonne partie de mon séjour avec l’excursion en canot voyageur De pierre et d’argent de Parcs Canada. J’avais découvert le lac d’une façon assez particulière, en pagayant avec les autres participants à bord d’un grand canot voyageur. Pendant environ deux heures, nous avons navigué dans le secteur de Silver Islet, accompagnés par des guides qui nous ont raconté l’histoire de cet ancien site minier. Et petit détail que j’ai particulièrement apprécié : les consignes étaient données en français. Pour la francophone que je suis, pagayer sur le plus grand lac d’eau douce au monde tout en recevant les instructions dans ma langue avait quelque chose d’assez sympathique.

Le secteur de Silver Islet est d’ailleurs fascinant. Difficile aujourd’hui d’imaginer qu’un important centre minier se trouvait autrefois sur ce petit îlot rocheux. On y a découvert un riche gisement d’argent en 1868 et, pendant plus d’une décennie, des mineurs ont travaillé dans des conditions particulièrement difficiles. La mine a finalement été abandonnée après que les pompes qui empêchaient l’eau du lac d’envahir les galeries ont cessé de fonctionner. Le lac Supérieur a donc tranquillement repris possession des lieux. Lorsque l’eau est calme, on peut encore apercevoir certaines traces de cette histoire depuis le canot.

Et puis il y a le paysage. Les falaises, l’eau claire et la silhouette du Sleeping Giant donnent constamment envie de regarder autour de soi. Le passage près du Sea Lion était particulièrement impressionnant. Cette formation rocheuse s’avance dans le lac et, vue de l’eau, elle prend vraiment une autre dimension. J’ai évidemment pris beaucoup trop de photos.

Mais je vous le confirme : certains paysages sont assez impressionants pour donner envie de sortir l’appareil toutes les trente secondes. Un peu difficile quand on doit pagayer au même rythme que les autres participants. Un moment que j’ai particulièrement adoré et qui est accessible à tous (sauf aux petits enfants). 

Et comme vous le savez déjà probablement, l’eau est mon endroit de prédilection, une sortie n’était pas assez.  Je suis donc allée faire une autre sortie sur le Lac Supérieur mais cette fois, je suis montée à bord d’un bateau de Sail Superior, dirigé par le capitaine Gregory Héroux, propriétaire de la compagnie. Et Gregory n’a pas exactement le parcours professionnel que j’aurais imaginé pour un capitaine de bateau.

Ancien mannequin ayant parcouru le monde, grand voyageur et polyglotte (il parle notamment français), il dirige aujourd’hui une belle flotte de bateaux à Thunder Bay. J’aime toujours rencontrer des gens qui ont pris des chemins professionnels complètement différents avant d’arriver là où ils sont aujourd’hui. C’est toujours fascinant. 

Malheureusement, la météo n’était pas vraiment de notre côté lors de cette sortie. Les orages nous menaçaient à l’horizon. Le lac Supérieur avait aussi décidé de nous montrer une version un peu moins coopérative de lui-même. Même avec des conditions moins idéales et une sortie plus courte, le paysage demeurait magnifique, mais je suis clairement restée sur ma faim. Je vais donc devoir revenir pour refaire une sortie avec Sail Superior dans de meilleures conditions. Quel dommage! Il faudra bien que quelqu’un se dévoue et j’espère que ce sera moi !

Retour dans le passé

Le parc historique du Fort William m’a permis de changer complètement de décor. Ici, ce sont les personnages qui font toute la différence. Ils sont incroyablement bons dans leur rôle et connaissent leur histoire. On peut leur poser des questions, discuter avec eux et découvrir la vie à l’époque de la traite des fourrures tout en les regardant conserver leur rôle à la perfection.

J’ai particulièrement aimé le fait que la visite soit interactive. On n’est pas simplement en train de lire des panneaux. Les gens qui travaillent sur le site racontent, expliquent et jouent leur personnage avec tellement de sérieux qu’on finit presque par oublier qu’on est en 2026.

Et pour moi, c’est une excellente façon d’apprendre l’histoire. Donnez-moi une bonne histoire et je vais retenir beaucoup plus de choses qu’en lisant une succession de dates et d’enseignes ennuyeuses. Une sortie qui plaira définitivement à toute la famille. 

Bonjour Thunder Bay!

Je ne pouvais pas passer par Thunder Bay sans aller au Festival Bonjour. Parce que oui, il y a une communauté francophone ici! Et c’est franchement agréable de l’entendre. Le festival propose une programmation avec de la musique, des spectacles, de la culture et différentes activités qui permettent aux francophones de se retrouver. J’ai aimé l’ambiance, mais surtout les conversations. Voyager en Ontario et pouvoir soudainement discuter en français avec des gens qui vivent leur francophonie au quotidien, ça fait toujours plaisir.

Ça permet aussi de découvrir Thunder Bay autrement. On parle beaucoup du lac Supérieur et des grands espaces lorsqu’on prépare un voyage ici. Mais il y a aussi des gens qui travaillent à faire vivre le français dans la région. Et ça, je voulais le voir. Alors si votre passage à Thunder Bay coïncide avec le Festival  Bonjour, faites-vous plaisir et allez y faire un tour. Vous pourriez bien rester plus longtemps que prévu. Ça m’arrive personnellement assez souvent!

Une petite pause à la marina

J’ai aussi beaucoup aimé me promener à la marina. Sans horaire, sans réservation, sans avoir à me demander quelle était la prochaine activité sur mon programme. Je regardais les bateaux, le lac, les gens qui se promenaient. Je prenais des photos quand quelque chose attirait mon attention et je continuais mon chemin.

C’est simple, mais j’ai beaucoup aimé ces moments-là. Avec toutes les activités au programme, ça faisait du bien de ne rien avoir à accomplir. Juste être là, regarder autour de moi et profiter du lac Supérieur. Et quelle beau spectacle j’ai eu lorsqu’un superbe arc-en-ciel s’est pointé le bout du nez à l’horizon et romantisant en deux secondes les bateaux, le lac et tout ce qui l’entoure. Magique. 

Un endroit où revenir le soir

J’ai eu la chande de séjourner au tout nouveau Hyatt House Thunder Bay, dans une suite complète et toute neuve. Et après certaines de mes journées, j’étais bien contente de retrouver mon petit chez-moi temporaire.

J’aime beaucoup avoir de l’espace lorsque je voyage. Pouvoir déposer mes affaires, m’installer confortablement et prendre mon temps avant de repartir le lendemain, c’est un petit luxe que j’apprécie particulièrement. Surtout après une journée où mes jambes ont travaillé plus que prévu! Et c’est un endroit vraiment génial pour les familles puisque les suites sont équipées d’une cuisine complète. Ça permet d’économiser un peu en voyage. 

Alors, qu’est-ce que je retiens de Thunder Bay?

Probablement le fait que mes journées ne se ressemblaient pas. Je pouvais commencer la journée à chercher de l’améthyste, me retrouver devant une chute quelques heures plus tard, parler d’histoire au Fort William et finir la journée à regarder le soleil descendre sur Mackenzie Point. Entre les deux, il y avait le lac Supérieur. Et quelque part au milieu de tout ça, Jay me disait encore de ne pas regarder en bas.

J’ai aussi découvert une communauté francophone que je ne connaissais pas, des gens passionnés par leur histoire et des paysages qui m’ont donné envie de ralentir. Mais surtout, j’ai aimé me laisser surprendre. Dire oui à une activité que je n’aurais peut-être pas choisie spontanément, prendre un chemin pour voir où il mène, monter un peu plus haut, essayer quelque chose de nouveau. Ce ne sont pas nécessairement de grandes prouesses. Mais accumulées au fil d’un voyage, ces petites sorties hors de ma zone confort finissent par faire une différence.

Et c’est probablement ce que je ramène de Thunder Bay : des souvenirs, des photos, de l’améthyste et quelques petits « je suis bien contente de l’avoir fait ». Je reste encore un peu sur mon appétit parce que je sens que Thunder Bay a encore beaucoup à me montrer. Je ne tarde d’y retourner. C’était vraiment une découverte incroyable. Là, tu dois te demander, mais la gourmande, elle a parlé de plein d’affaires mais pas de bouffe. Il se passe quoi avec Nancy ? Attends ma fourchette, tu le sais bien que je ne te laisserai pas sur ton appétit (Tum tum chi).

Place à la gourmandise ?

Je vous confirme que je ne suis pas partie à Thunder Bay uniquement pour admirer le lac. J’ai aussi mangé. Beaucoup. J’ai donc préparé un autre texte avec les endroits où manger à Thunder Bay, mes découvertes et les adresses que je garderais dans mon carnet pour un prochain passage. Parce qu’après une journée à marcher dans un canyon, chercher de l’améthyste ou essayer de ne pas regarder en bas,  il faut bien trouver un endroit où manger pour se remplir le corps d’énergie ! Alors, vas lire mes recommandations, ça te donnera le dernier petit coup de pied au derrière pour réserver ton escapade à Thunder Bay. 

Juste ici : Thunder Bay : on y mange drôlement bien !

Publié le 9 août 2026
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