Burnaby, une banlieue surprenante
Je connais un peu la région de Vancouver. Pas assez car c’est vraiment un endroit que l’on découvre pleinement après plusieurs visites. Je n’y suis allée que 3 fois. J’ai besoin d’y retourner encore et encore. Mais j’ai quand même une petite liste que je peux vous partager si vous avez besoin de bonnes adresses. En revanche, Burnaby quant à elle, je ne la connaissais pas du tout. J’étais donc en terrain totalement inconnu et j’adore ça. Tout était à découvrir.
Et c’est lors de mon séjour en mai dernier que j’ai pu pour découvrir la ville et le tout en mangeant, bien évidemment. On parle de Cinq Fourchettes ici et de bibi qui adore planter sa fourchette dans tous les plats de la planète. Et là, je l’ai planté beaucoup. À Burnaby, en plus, on passe de l’Italie à l’Australie, du Laos au Mexique, de Hong Kong à Shanghai, avec des détours par la bière, le miel et un bon souper de steak en un claquement de doigt. C’est un tour du monde par l’assiette.

De tout pour tout le monde
Ce que j’ai aimé, c’est qu’il n’y a pas vraiment de ligne directrice. Et tant mieux. On peut commencer la journée dans une épicerie italienne, manger une tourte australienne quelques minutes plus tard, découvrir la cuisine laotienne, puis finir autour d’une table mexicaine. Et entre tout ça, on découvre surtout des gens qui ont choisi Burnaby pour y vivre, travailler et faire vivre leur cuisine. C’est ce côté-là qui m’a aussi beaucoup plu.

Burnaby Heights : une rue, plusieurs cuisines
J’ai commencé mon parcours dans Burnaby Heights, le long de Hastings Street. C’est le genre de secteur où je peux facilement passer plus de temps que prévu. Il y a des commerces de longue date, des petites adresses familiales et on pourrait entrer dans chaque porte pour découvrir quelque chose de totalement différent à chaque fois. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Aucune ligne directrice, juste du surprenant.

Cioffi’s Meat Market & Deli
Chez Cioffi’s Meat Market & Deli, je suis immédiatement dans mon élément. Charcuteries, fromages, pâtes fraîches, saucisses maison. Tout ce qu’il faut pour avoir envie d’organiser un souper italien entre amis.

La famille Cioffi y est installée depuis 1989. Au fil des années, le petit commerce familial a grandi, mais il a gardé ce côté épicerie de quartier où les gens semblent y revenir encore et encore. J’aime ces endroits où l’on sent qu’il y a une vraie vie derrière le comptoir. Ça sent l’esprit de famille et la bonne bouffe. Et évidemment, lorsqu’on me montre de la charcuterie et du fromage, je ne suis pas particulièrement difficile à convaincre. J’achèterais tout sans aucune hésitation si ma VISA me le permettait. Je te confirme qu’elle a dit non !

Peaked Pies
Quelques pas plus loin, je change complètement de pays sans quitter Hastings Street. Chez Peaked Pies, on m’a fait découvrir la meat pie australienne. Je ne connaissais pas vraiment cette spécialité avant de mettre les pieds ici et j’ai trouvé intéressant de découvrir à quel point un plat aussi simple peut être aussi bon.

La tarte est généreusement garnie de viande et servie avec de la purée de pommes de terre, des pois verts et de la sauce. Ce n’est pas compliqué, ce n’est pas prétentieux et c’est franchement réconfortant. Le genre de repas qui fait exactement ce qu’on lui demande : être bon et rassasiant. Je comprends très bien pourquoi quelqu’un qui a grandi en Australie pourrait s’ennuyer de ça une fois installé de l’autre côté du Pacifique. Un endroit où s’arrêter sans aucune hésitation.

Di Chai
J’ai ensuite fait un arrêt chez Di Chai, une adresse qui m’a permis de découvrir davantage la cuisine laotienne. Le repas est pensé pour être partagé, avec du riz gluant au centre de la table et une sauce jaew bien relevée pour accompagner les plats.

On mange ensemble, on partage les plats, on goûte à différentes choses et, tranquillement, on comprend un peu mieux d’où viennent ces recettes en jasant avec une des proprios et le chef. C’est exactement le genre de repas qui me plaît en voyage : celui qui me permet de découvrir des plats que je ne connaissais pas tout en m’imprégnant des histoires des humains à l’origine de ce festin. Vraiment un endroit fabuleux. Préparez-vous à détacher votre pantalon car les portions sont ultra généreuses.

Une bière pour faire une pause
Après quelques arrêts gourmands, une pause s’imposait. Et par pause, j’entends évidemment par là une dégustation de bière. Direction Dageraad Brewing. Son fondateur, Ben Coli, est tombé amoureux de la Belgique et de sa culture brassicole après un voyage. Il est allé apprendre directement en Belgique l’art de la bière belge avant de revenir à Burnaby pour lancer sa propre brasserie avec tous les défis qui s’y rattachent.

On a goûté plusieurs bières et j’ai bien aimé découvrir les différences entre les styles et les façons de les travailler. Ma préférée, pour l’anecdote car c’est tout à fait personnel, a été la Burnabarian. Le nom a été inventé par Ben. Un mot qui n’existait pas, mais qui représentait bien la ville qu’il avait choisie. Pourquoi pas?

La Taqueria : là, j’étais bien contente d’avoir faim
Pour le souper, on s’est retrouvés chez La Taqueria, dans le centre commercial The Amazing Brentwood. Et là, je savais que j’avais intérêt à garder un peu de place car la cheffe Maria Ponce qui est originaire de Sonora, au Mexique, allait nous en faire voir de toutes les couleurs et de toutes les saveurs. Son parcours est fort intéressant et l’a menée dans plusieurs cuisines avant son arrivée à Vancouver. Le menu que nous avons goûté était généreux et j’ai particulièrement aimé la progression du repas.

On a commencé avec un consommé de birria et des esquites. Le maïs avec la lime, le queso fresco était exactement le genre de chose que je pourrais manger tout le temps. Puis a suivi une tostada de thon, fraîche et bien relevée. Comment vous dire le délice !
Pour la suite, le pork belly au mole negro était servi avec des légumes grillés. Il y avait aussi une tetela au mole coloradito, cette pâte de maïs garnie de fromage et pliée à la main. Deux plats très différents, mais qui avaient en commun cette profondeur de saveur que j’aime dans la cuisine mexicaine.

Et le dessert n’était pas là juste pour faire beau, il était là pour me dire : “Allez Nancy, encore une petite bouchée, c’est si bon.” Tsé, un gâteau au chocolat avec ganache, sel de mer et cacao auquel tu ne peux évidemment pas résister. J’ai donc trouvé de la place pour “stocker le tout” et je pense que c’était entre deux de mes côtes. Je ne sais pas exactement comment, mais je l’ai trouvée.

La soirée ne s’arrêtait pas au repas. On nous avait préparé une dégustation de tequila, de mezcal et de raicilla. C’est le genre de dégustation que j’apprécie parce qu’elle permet de prendre le temps de goûter les différences plutôt que de simplement commander un verre sans trop savoir ce qu’on boit. J’ai adoré l’expérience et surtout l’expertise du personnel en place qui nous expliquait comment déguster et découvrir toutes les subtilités des alcools qui se présentaient devant nous. Un gros A+ pour La Taqueria .

YVR Prep : l’envers du décor
Le lendemain, changement de registre. Je me suis retrouvée chez YVR Prep, une immense cuisine commerciale partagée où travaillent plus de 70 entreprises alimentaires. C’est le genre d’endroit auquel on ne pense pas nécessairement lorsqu’on parle de tourisme gourmand. Et pourtant, j’ai trouvé la visite vraiment intéressante. Parce qu’on parle beaucoup des produits qu’on retrouve dans les marchés et les épiceries, mais beaucoup moins des cuisines où ces produits sont préparés.

Ici, des boulangers, des fabricants de sauces, des entreprises de repas préparés et plusieurs autres producteurs peuvent travailler dans un espace professionnel sans avoir à construire leur propre cuisine commerciale. J’ai trouvé ça intéressant de voir tout ce qui se passe derrière des produits qu’on retrouve ensuite dans nos commerces.
Et évidemment, une visite comme celle-là vient avec quelques dégustations. J’ai goûté à un peu de tout : tres leches, concha, biscuits, hummus, gâteau de maïs, olives fumées, parfait de foie gras, kimchi et bœuf bulgogi. Disons que la visite était très instructive. Et particulièrement savoureuse.

Crystal Mall : venez avec de l’appétit
S’il y a un endroit où je vous conseille d’arriver avec plusieurs personnes, c’est Crystal Mall. Pourquoi? Parce que vous allez vouloir commander trop de choses.

Le food court rassemble une trentaine de petits commerces et offre un éventail impressionnant de cuisines asiatiques. Notre première escale a été Shanghai Dim Sum House. Les xiao long bao étaient au rendez-vous, avec leur petit bouillon chaud caché à l’intérieur. Les petits pains au porc poêlés avaient aussi ce dessous croustillant que je recherche toujours. On a fait un mini atelier de fabrication et je dois avouer humblement que mon bao n’a pas fait les sélections. Il a été rejeté de la masse comme une vulgaire vieille chaussette. J’ai clairement un manque de pratique. OUPS !

Puis on a poursuivi chez Fung May Chinese Cuisine. Claypot rice, bœuf sauté avec nouilles de riz et zháliàng : de la cuisine simple, généreuse et faite pour être mangée en gang. Ce n’est pas nécessairement la nourriture qu’on commande pour impressionner quelqu’un. C’est plutôt celle qu’on mange parce qu’on aime ça. Et c’est souvent celle que je préfère.

Chez One Cafe, j’ai découvert le côté cha chaan teng de Hong Kong avec du poulet au curry sur riz, des nouilles de riz au bœuf satay et du pain doré avec kaya. C’est cette rencontre entre influences occidentales et asiatiques qui rend la cuisine des cha chaan tengs aussi amusante. Et pour terminer, un thé chez Shiny Tea. À ce moment-là, j’avais probablement assez mangé pour la journée. Mais un bubble tea, ça ne compte pas vraiment. Enfin, c’est ce que je me suis dit.

Un peu de miel entre deux repas
J’ai aussi fait un arrêt chez BC Bee Supply, où on nous a parlé d’apiculture urbaine. Le couple propriétaire organise notamment des ateliers autour des abeilles, des pollinisateurs et de la cire.
Nous avons fabriqué des emballages en cire d’abeille à rapporter à la maison. J’ai trouvé ça particulièrement intéressant de voir comment l’apiculture peut trouver sa place dans une ville et de comprendre un peu mieux son rôle dans notre système alimentaire. Je le savais déjà, mais des rappels, c’est toujours bon.
Et, pour une fois, je suis repartie d’une activité sans avoir mangé quelque chose. Ça aussi, c’était plaisant car mon estomac commençait à être un peu (beaucoup) distendu. J’ai plutôt rapporté un emballage en cire d’abeille pour mon petit fils avec des dessins de tracteur John Deere. Trop mignon. Parfait pour mon petit futur agriculteur.

Atlas Steak + Fish : le dernier gros repas
Pour terminer le voyage, on m’a servi un repas qui ne demandait vraiment pas de présentation. Nous sommes allés chez Atlas Steak + Fish qui est bien reconnu dans la région et pour des raisons bien évidentes.

On était installés autour d’une grande table et le repas était servi à partager. Au menu : Caesar maison, tour de fruits de mer, carpaccio de bœuf, tomahawk, bar de mer entier rôti, risotto aux champignons et à la truffe, asperges avec béarnaise et purée de pommes de terre au brie. Et parce qu’on n’avait clairement pas encore assez mangé : baked Alaska pour terminer.
J’ai particulièrement aimé le fait de pouvoir goûter autant de choses autour de la même table. Le tomahawk était évidemment impressionnant, mais le bar de mer entier m’a aussi beaucoup plu. Quant au risotto à la truffe, disons qu’il n’a pas eu besoin de beaucoup de persuasion. Et vous dire que je ne me suis pas fait prier pour piger dans la tour de fruits de mer. MIAM !

Une dernière tasse de thé au Nikkei National Museum
Je termine ce parcours au Nikkei National Museum & Cultural Centre. Ce n’est pas un restaurant, mais c’est un arrêt que je ne voudrais pas enlever de mon itinéraire.

J’ai découvert les expositions, fait une visite du centre et participé à une expérience autour de la cérémonie du thé dans une salle de tatami. Après quelques jours à manger, marcher, goûter et repartir vers une autre adresse, prendre le temps de s’arrêter était plutôt agréable.
La cérémonie du thé demande de ralentir, d’être attentif aux gestes et à ce qui se passe autour de soi. Observer tous les gestes cérémoniaux qui sont faits avec tant de minutie et de lenteur, c’était magique. C’était une belle façon de terminer le voyage et de prendre un peu de recul sur tout ce que j’avais découvert pendant ces quelques jours.

Burnaby, je reviendrai manger
Ce voyage m’a surtout rappelé une chose : pour découvrir une ville, je n’ai pas nécessairement besoin qu’on me donne une longue liste de monuments à visiter. Donnez-moi plutôt quelques bonnes adresses et racontez-moi qui les fait vivre.
À Burnaby, j’ai rencontré des familles qui ont bâti leur commerce, des restaurateurs qui font découvrir leur cuisine, des producteurs qui essaient de faire grandir leur entreprise différemment et des gens qui transmettent une partie de leur culture par la nourriture.
Et ça, moi, ça me plaît.
Pour moi, Burnaby mérite largement une visite pour une raison assez simple : la variété. Mais ce que je retiens surtout, c’est le parcours dans son ensemble. Je suis partie pour découvrir Burnaby. Je suis revenue avec quelques nouvelles adresses dans mon carnet et, surtout, l’envie d’y retourner avec peut-être moins de rendez-vous à l’horaire ou du moins étalé sur plusieurs jours. Juste pour pouvoir m’arrêter et donner un répit à mon jeans.

On dort où ?
Le Hilton Vancouver Metrotown est un endroit tout indiqué pour se poser. Les chambres sont confortables, le service impeccable et les déjeuners très bons. Il est aussi situé à deux pas du Crystal Mall et du SkyTrain pour aller à Vancouver. L’autre côté de la rue, vous retrouverez le Burnaby Civic Square, endroit parfait pour se poser dans un parc avec un bon petit plat acheté au Crystal Mall. Bref, un bon choix pour se promener en ville facilement et avoir une superbe chambre pour se poser et bien sûr digérer !









