Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de Thunder Bay côté bouffe. Je savais que j’allais y trouver quelques bons restaurants, évidemment. J’avais fait mes devoirs avant de partir. Mais je ne pensais pas revenir avec autant de noms de restaurants en tête, ni avec autant de produits locaux dans mes bagages.
Ce qui m’a plu, c’est qu’on ne mange pas de la même façon partout. On passe d’un plat africain à des pâtes fraîches, d’un déjeuner au homard à une assiette de nourriture de pub, puis on tombe sur une pâtisserie ou un fromage fabriqué à quelques kilomètres de là. Bref, mon voyage culinaire était un succès et je pense que mes pantalons ont probablement moins apprécié Thunder Bay que moi.

Faire le tour des marchés
Une des meilleures façons de prendre le pouls gourmand d’une ville demeure, selon moi, de visiter ses marchés. C’est là qu’on découvre souvent les produits que les gens du coin achètent réellement et c’est l’endroit idéal pour mettre la main sur des choses qu’on ne retrouvera pas nécessairement ailleurs.
Le Thunder Bay Country Market m’a permis de faire le plein de produits de la région. Il y avait évidemment des fruits et légumes, mais aussi du pain, du miel, des pâtisseries, du fromage et plusieurs produits préparés.
J’ai eu un petit coup de cœur pour Big Lake Pasta. L’entreprise produit des pâtes artisanales et certaines formes sont directement inspirées du lac Supérieur. C’est ludique, mais surtout une belle idée pour ramener un souvenir qui se mange. Personnellement, je préfère ça à un énième t-shirt de voyage.

Chez Thunder Oak Cheese Farm, leur spécialité est le gouda fabriqué à la ferme. La première ferme ontarienne à le faire. Cela dit, en bonne Québécoise qui se respecte, il fallait que je teste leur fromage en grains et il était frais et bien savoureux. Et oui, il faisait « squick-squick », signe évident d’un test réussi.

Le marché permet également de goûter à des cuisines qui ne sont pas nécessairement associées à l’Ontario du Nord. Taste of Ethiopia en est un bon exemple. Les plats sont généreux et parfumés, mais j’ai surtout retenu l’accueil. C’est le genre d’endroit où on a rapidement l’impression d’être reçu plutôt que simplement servi.

Et si vous êtes comme moi et que vous avez un faible pour les viennoiseries, faites un arrêt chez Petite Marie. Marie est Alsacienne et s’est installée à Thunder Bay, où elle prépare croissants, éclairs, tartes et autres pâtisseries, sans oublier les bretzels. J’avoue que trouver un bon bretzel en plein Thunder Bay, je ne l’avais pas vu venir ! Pas besoin de vous dire que je l’ai dévoré en me rappelant mon passage à Strasbourg. Tout était vraiment appétissant et j’y serais facilement retournée pour y faire un deuxième arrêt.

Et puisqu’on parle de spécialités sucrées, il faut absolument connaître le Persian. Son nom porte un peu à confusion puisqu’il ne s’agit pas d’une pâtisserie d’inspiration persane. C’est plutôt une pâte à beigne en forme ovale, parfumée à la cannelle et recouverte d’un glaçage rose aux fraises ou aux framboises.
C’est une véritable curiosité locale et, surtout, quelque chose que je n’avais jamais goûté avant mon passage à Thunder Bay. On en trouve notamment chez The Persian Man, qui en a fait sa spécialité. Disons que ce n’est pas le genre de dessert qu’on choisit lorsqu’on cherche quelque chose de léger. Mais je ne suis pas certaine que ce soit le but d’un Persian, espèce d’hybride entre beigne et brioche à la cannelle.
L’autre marché, Goods & Co. Market, joue dans une catégorie un peu différente. On y retrouve plusieurs commerces et endroits où manger, le tout dans un ancien magasin Eaton’s. C’est pratique pour faire quelques arrêts gourmands et trouvailles artisanales et ce, tout au même endroit.

Le Hoito Restaurant y est notamment présent. Cette institution locale est connue pour ses crêpes finlandaises. Elles sont minces, souples et suffisamment bonnes pour donner envie d’en commander plus qu’une portion. Si vous tombez sous le charme, le mélange est vendu sur place. Vous pourrez donc essayer de reproduire l’expérience à la maison.

Une ville qui aime manger
Après les marchés, j’ai poursuivi mes découvertes dans les restaurants de la ville. Et c’est probablement là que j’ai réalisé à quel point l’offre était variée. The Tilted Turret Pinball Pub est une adresse qui ne se prend pas trop au sérieux, et c’est exactement ce qui la rend sympathique. On y mange des classiques de pub tout en ayant accès à des machines de pinball. Le restaurant occupe le Coo House, un bâtiment historique datant de 1898, ce qui ajoute un peu de caractère au décor.
J’ai bien aimé le principe : on commande des ailes ou des nachos, on mange quelques bouchées, puis quelqu’un se lève pour aller jouer. Les écrans proposent également des jeux-questionnaires. Bref, un souper qui risque de durer plus longtemps que prévu et le tout dans le plaisir.

Pour quelque chose de plus dépaysant, le Thunder Bay African Restaurant vaut le détour. J’y ai commandé un Jollof Rice avec du poulet et j’ai été agréablement surprise par la quantité servie. C’est le genre de plat que je recommanderais volontiers à deux personnes plutôt qu’à une seule, à moins que vous soyez arrivés avec une faim de loup. J’ai d’ailleurs trouvé une bonne façon de profiter de ce repas : le prendre pour emporter et aller manger près de la marina. Avec la vue et un plat plein de saveurs, je n’avais pas vraiment besoin de plus.

Nook quant à lui, m’a attirée avec son côté plus actuel et décontracté. J’ai choisi les rigatoni Boscaiola et je n’ai pas eu beaucoup de difficulté à les faire disparaître. En observant les assiettes qui circulaient autour de moi, j’ai aussi remarqué que les pizzas semblaient être particulièrement populaires. Le service est rapide, courtois et les saveurs sont au rendez-vous. La salle était bondée, signe d’un succès évident.

Pour un souper qui demande un peu plus de temps à table, Cucina é barra Giorg est une belle option. Le chef Bharath Sai Nair a travaillé dans plusieurs villes canadiennes avant de revenir à Thunder Bay et ça se sent dans son approche de la cuisine italienne.
Les pâtes sont préparées sur place et leur fabrication est visible dès l’arrivée au restaurant. J’ai particulièrement retenu la côte de veau braisée pendant 72 heures avec son risotto crémeux. La viande était évidemment d’une tendreté remarquable. C’était riche, fondant et franchement gourmand. Je garderais cette adresse pour un souper à deux en amoureux.

J’ai aussi pris le temps de satisfaire mon obsession pour la cuisine mexicaine. Je ne suis pas la personne la plus facile à impressionner lorsqu’il est question de tacos, mais les tacos birria que j’ai mangés chez Norteños Taqueria m’ont convaincue. Les papas al horno étaient également très réussies. L’endroit est tout près de Goods & Co., ce qui permet de faire d’une pierre deux coups. Et si vous y allez lorsqu’il y a de la musique, vous aurez droit à une sortie encore plus animée.

Parce qu’un voyage ne se fait pas sans brunch ou bon diner
Je peux difficilement voir le mot « bénédictine » sur un menu sans avoir envie de la commander. Chez Rooster’s Bistro, c’est une version au homard qui a retenu mon attention. Est-ce que c’était l’option la moins chère? Non. Mais ils étaient si bons. La sauce hollandaise était riche et bien beurrée et le homard faisait de cette assiette une option particulièrement gourmande. Je n’ai donc aucun regret.

Pour quelque chose de beaucoup plus simple, The Sal est le genre d’adresse que j’aime bien trouver en voyage. Pas besoin d’un décor spectaculaire ni d’une carte interminable lorsqu’on maîtrise ses classiques.
L’endroit est notamment connu pour son gravy, vendu même en grande quantité pour ceux qui veulent le rapporter chez eux. Les frites sont fraîches et les portions sont généreuses. Le club sandwich, lui, ne manque certainement pas de garniture. Il y avait suffisamment de bacon et de viande pour me faire sérieusement réfléchir à la possibilité de le partager. Et, croyez-moi, je ne propose pas souvent de partager mon club.

J’ai terminé mes découvertes chez 5 Forks, un restaurant-bar qui convient bien à une sortie sans prétention entre amis. Le repas était bien agréable, mais c’est surtout le dessert qui m’est resté en tête. Le Coffee Crisp Bar était tellement gourmand que le dernier morceau est devenu un enjeu. Il y a même eu une discussion sérieuse sur la personne qui allait avoir le privilège de le terminer. J’y ai plongé ma fourchette sans regret. Après tout, j’étais dans un restaurant qui portait en quelque sorte le nom de mon blogue (en anglais). Même sans ce nom, j’aurais trouvé une raison pour voler le dernier morceau.

Thunder Bay mérite une place sur la liste des gourmands
Après tout ça, je peux difficilement dire que Thunder Bay ne m’a pas convaincue côté bouffe. J’y ai découvert des spécialités locales, mangé dans des restaurants qui proposent des cuisines complètement différentes et rencontré des producteurs qui donnent envie de tout acheter. C’est surtout cette diversité qui m’a plu.
Et je ne parle même pas de tout ce que j’aurais pu goûter si j’avais eu quelques jours de plus. Alors oui, si vous préparez un voyage à Thunder Bay, prévoyez du temps pour les activités et les paysages. Mais préparez aussi votre estomac. Et peut-être une petite place dans votre valise. Vous pourriez en avoir besoin au retour.

Je t’invite aussi à lire mon article : Thunder Bay : de l’améthyste, des grands espaces et quelques défis personnels









