Quand l’automne débarque dans Lanaudière, il ne fait pas les choses à moitié. Les arbres s’enflamment de rouge, d’orange et de jaune, l’air devient juste assez frais pour avoir envie de ressortir ta grosse laine préférée ou ton chandail Esprit vintage. Ce genre de température idéale pour une balade en voiture pour aller à la rencontre des artisans d’ici.

C’est exactement ce que je te propose avec le Festival des couleurs de Val Saint-Côme dans la belle région de Lanaudière. Je t’invite à porter une attention particulière à un endroit où les couleurs ne sont pas seulement dans les arbres mais dans l’assiette. En effet, le kiosque d’Aliments du Québec sera présent et vous aurez la chance de découvrir (ou redécouvrir) des producteurs talentueux de la région qui y seront pour notre plus grand bonheur.
Parce que derrière les paysages magnifiques de Lanaudière, il y a aussi des producteurs qui travaillent la terre, transforment, cuisinent et créent des produits qui mettent en valeur leur territoire. Et c’est justement ce que j’aime avec ce genre d’événement. Tu peux venir pour admirer les couleurs d’automne, respirer le grand air et t’exclamer devant la beauté des lieux puis repartir avec quelque chose de beaucoup plus concret : un produit coup de cœur qui vient avec une histoire à raconter… et beaucoup de boustifaille dans ta glacière.

Au kiosque Aliments du Québec, tu auras notamment l’occasion de rencontrer quatre entreprises de Lanaudière que j’ai eu l’occasion de croiser lors de ma récente visite : Rendez-vous cochon, Tante Agastache, le Vignoble Têtes au vent et Les Serres Point du jour.
Quatre entreprises, quatre univers complètement différents, mais un même fil conducteur : le goût de faire les choses ici, avec passion, et de mettre en valeur ce que notre région a de beau et de bon et tout ça en s’encourageant mutuellement. C’est aussi ce qui m’a frappé lors de ma petite visite. Ce désir de faire rayonner le voisin ! J’adore.

Rendez-vous cochon : quand le cochon devient une histoire de famille
Cette ferme, fondée en 1938, en est aujourd’hui à sa 4e génération d’agriculteurs et offre un éventail de produits incroyables. Ici, le porc est décliné en plus de 100 produits, tous plus intéressants les uns que les autres. Que ce soit les filets de porc farcis, le bacon fumé, le porc effiloché, les nombreuses saucisses dans lesquelles on retrouve les produits des fermes avoisinantes ou encore la coppa, qui goûte le bonheur, arrivez à la boucherie avec une glacière, car vous aurez envie de tout prendre!

Christan et son équipe travaillent vraiment très fort pour se renouveler et s’assurer que tout est produit à la perfection. Ils ont également un modèle d’affaires particulièrement intéressant. Ils utilisent le plus possible ce qui se trouve sur leur terre. L’érable qui sert à fumer la viande, par exemple, provient de leur forêt. Le maïs qui nourrit leurs bêtes est aussi cultivé sur place. Quatre bouchers travaillent sur place pour effectuer la découpe de la viande. Vraiment, tout est fait sur place. La boucherie existe depuis maintenant trois ans et fonctionne très bien. Elle répond à une clientèle qui recherche des produits de qualité à un prix, il faut le dire, plus qu’intéressant. J’en ai même été surprise!
Fait cocasse : la boucherie est installée dans l’ancien poulailler qui produisait les poulets destinés à la toute première rôtisserie St-Hubert dans les années 1950.

Ce que je trouve particulièrement intéressant lorsqu’on rencontre des producteurs, c’est qu’on découvre rapidement que derrière un produit, il y a toujours beaucoup plus qu’une simple liste d’ingrédients. Il y a des choix, du travail, des essais, des réussites, de nombreuses histoires et, surtout, beaucoup de passion.
Et c’est ce que j’ai envie de te faire découvrir au Festival des couleurs : pas seulement ce que tu peux acheter ou goûter, mais qui se cache derrière ce que tu mets dans ton panier.

Têtes au vent : des vins natures dans le vent !
Visite impromptue chez le voisin de Rendez-vous cochon, organisée par Christian. Nous allons pique-niquer avec Pierre Hébert, un ancien informaticien qui s’est lancé dans l’aventure de la viticulture en 2013, avec de fortes convictions, et qui porte aujourd’hui ses fruits. Les vins nature produits au vignoble Têtes au vent sont exceptionnels. Pierre a choisi une voie noble, mais loin d’être facile, en misant sur le développement durable, autant au niveau de la terre que sur les plans social et humain.

Aucun sulfite, aucune levure artificielle, aucun sucre ajouté : seulement du raisin, beaucoup d’amour et un grand savoir-faire. Neuf produits sont présentement sur les tablettes. J’ai eu la chance de déguster l’un de leurs vins rouges, nommé Changer d’air, et disons que ça m’a complètement jeté sur le derrière! Les vins rouges ont parfois la réputation de ne pas être toujours à la hauteur au Québec, mais croyez-moi, celui-ci est incroyable. Il vaut le détour à lui seul.

Profitez aussi de leur offre du vendredi pour aller écouter ou faire jouer vos disques préférés pendant que vous dégustez l’une de leurs pizzas cuites au four à bois. Bien assis, tranquilles, en prenant votre temps. C’est aussi le but ultime du vignoble : permettre aux gens de s’arrêter un instant et de profiter pleinement du moment présent. Et si je ne vous ai pas encore convaincus, sachez que certains de leurs vins figurent sur la carte du restaurant Vin Mon Lapin, reconnu par le Guide Michelin, ce qui en dit long sur la qualité du produit.

Les Serres Point du jour : cultiver Lanaudière
Ensuite, direction Les Serres Point du jour. Je rencontre cette fois Robert Therrien et sa conjointe Chantal dans leur serre et leur adorable boutique en bord de route. Cet ancien agronome avait un rêve. Après avoir mis la main, il y a six ans, sur leur emplacement actuel, il a entrepris de faire pousser de belles tomates, 12 mois par année, en serre.

Un projet ambitieux et noble : offrir de petits trésors rouges, goûteux et surtout locaux. De 10 à 12 variétés de tomates poussent ici. Ils misent aussi sur la transformation grâce au talent culinaire de sa douce qu’il appelle tendrement « Ma Ricardo de la tomate » et qui a développé 15 produits, dont une salsa délectable que j’ai ramenée à la maison. Une belle façon de réduire les pertes et de donner une deuxième vie aux récoltes.

Leur boutique est ouverte 12 mois par année et je vous le dis, c’est rare! On peut donc venir toute l’année s’y procurer des tomates, des légumes et des œufs produits sur place, mais aussi mettre la main sur d’innombrables produits locaux mis en vedette par le producteur, qui se fait un « point » d’honneur (petit jeu de mots ici) de mettre en lumière le terroir de Lanaudière. Une passion commune à tous les entrepreneurs rencontrés en cette belle journée de septembre.

Les producteurs d’ici ont cette capacité assez fascinante de nous rappeler que la nourriture ne commence pas à l’épicerie. Elle commence dans une terre, dans une serre, dans un champ, dans un élevage, dans une cuisine de transformation. Elle commence avec quelqu’un qui décide de faire pousser, de récolter, de transformer ou de créer quelque chose ici. Et lorsqu’on prend le temps de rencontrer cette personne, le produit qu’on rapportera à la maison n’a plus tout à fait la même saveur. Ça goûte la passion et la détermination.

Tante Agastache : une plante qui ne demande qu’à être découverte
C’est le cas de Lorraine de Tante Agastache qui vient faire une livraison chez Les Serres Point du jour. Elle me fait découvrir tout ce qu’on peut faire avec cette belle plante indigène qu’est l’agastache. Première surprise : son goût, à la fois anisé et mentholé, frais et vraiment particulier. Elle me parle de ses bienfaits et me fait découvrir ses produits : savon au suif de bœuf, crème à mains, miel, confiture, sirop d’agastache, huile essentielle et chocolat créé en collaboration avec un chocolatier montréalais.



Ses 40 000 plants d’agastache sont cultivés en bio et les jeunes pousses sur le haut de la plante, plus parfumées, sont récoltées à la main plusieurs fois durant l’été. Ça prend de la détermination. Et quand on voit tout ce qu’elle arrive à faire avec cette plante, on comprend vite que l’agastache ne se limite pas à une tisane! Ici, elle se retrouve partout, avec créativité et beaucoup de respect pour la plante et les ressources. Je lève mon chapeau à cette entrepreneure qui clairement fait bien les choses.
Bref, l’agriculture et la production alimentaire lanaudoises sont loin de se limiter à ce que l’on retrouve habituellement dans nos assiettes. Il suffit parfois de rencontrer un producteur ou de découvrir une plante qu’on connaît moins pour réaliser toute la créativité qui se cache derrière notre garde-manger régional. Et c’est ce que Tante Agastache m’a prouvé.



Et j’avoue que c’est aussi ça qui rend les marchés et les événements gourmands aussi amusants : tu pars parfois avec une idée très précise de ce que tu vas faire… et tu reviens avec quelque chose dont tu ignorais complètement l’existence deux heures plus tôt.
C’est un peu le principe d’une promenade gourmande : tu regardes, tu poses des questions, tu goûtes, tu jases… et tu te laisses surprendre.

L’automne, version lanaudoise
C’est probablement ce que j’aime le plus derrière l’idée du Festival des couleurs de Val Saint-Côme : il rassemble plusieurs des choses qui rendent l’automne si agréable. Tu as les paysages. Les couleurs. L’envie de sortir dehors. Et, au milieu de tout ça, des producteurs et des entreprises qui te permettent de goûter à Lanaudière.
Alors, si tu passes par le Festival des couleurs, prends le temps de faire un détour par le kiosque Aliments du Québec. Discute avec les producteurs. Pose-leur des questions. Demande-leur ce qu’ils aiment le plus dans leur métier. Goûte à leurs produits si l’occasion se présente.
Parce que derrière chaque pot, chaque sac, chaque bouteille, chaque morceau et chaque récolte, il y a une histoire. Et moi, tu me connais, les histoires qui commencent dans un champ et qui finissent dans une assiette, ça m’intéresse toujours beaucoup. Bonne promenade ma fourchette.
Pour en savoir plus sur les producteurs de la région, consulte le site de Goûtez Lanaudière !




