(Par Élise Arguin) La semaine dernière, Chéri a ramené un gros melon d’eau de l’épicerie. J’ai comme vu arriver la chose avec une couple d’onces de découragement. D’abord, moi, le melon, je trouve ça ok, sans plus. Souvent, je le trouve pas assez sucré. Ou trop juteux. Ou pire, granuleux-qui-tombe-en-morceaux. Je serais prête à parier que le melon d’eau d’aujourd’hui ne goûte pas la même chose que celui de mon enfance pis ça m’énerve.
 
L’autre raison pour laquelle je n’ai pas sauté au plafond en adoptant un melon d’eau, c’est que je n’avais juste pas envie de l’ouvrir en deux et de tomber sur :
 
1-Un melon pas assez mûr avec un tour blanc de 3 pouces de large ou
2-Un melon trop mûr qui tient ensemble juste par l’enveloppe extérieure-trompe-l’oeil-de-l’-acheteur. 
 
Quand je me résous à acheter du melon d’eau à mes enfants suppliants, c’est à coup de quart ou de demi-melon, gros max. Là au moins, j’ai un accès visuel et tactile à ce que j’achète et si ça ne m’inspire pas, too bad, les supplications enfantines restent sur leur faim.
 
Ajoutons à ça que la semaine passée, le Chéri avait une semaine de fou, partant aux aurores et revenant après le souper. J’étions seule à me claquer le toutim du quotidien avec mes deux petites faces de chou. Faque 1+1 = 2, la pastèque a fait le poireau toute la semaine sur le comptoir de la cuisine, parce qu’en plus, j’ai jusqu’à manqué de cran pour aller le porter au frigo du sous-sol.
 
Au bout d’une semaine, ô surprise, le melon ne s’était pas auto-géré. Samedi après-midi, à l’heure de la collation, j’ai pris mon courage et mon couteau à deux mains pour mettre la hache dans le sujet.
 
Diable. Le tour blanc n’était plus que fil à pêche, la chair était rose foncée et plus tellement ferme, et l’ensemble de l’oeuvre se liquéfiait à vu d’oeil, mais ça goûtait encore pas trop mal et, compte tenu des efforts que ça prend pour faire pousser du manger, pour moi, jeter ce melon n’était pas une option. Belle-maman en visite s’offrit donc pour dépecer la chose, ce qu’elle fit.
 
De beaux cubes de melon m’attendaient ce matin au frigo. Qu’à cela ne tienne, quelque part durant le weekend, j’ai eu le flash de passer le tout au mélanger et d’envoyer ça à moins quelques sous zéro. Si la fée marraine a pu changer une citrouille en carrosse, je ne vois aucune raison pour laquelle je ne pourrais pas faire d’un vieux melon schnouteux de très débiles popsicles.
 
J’ai envoyé Bisou cueillir de la menthe au jardin. Beaucoup de menthe. Pendant ce temps, son p’tit frère et moi, on enlevait soigneusement tous les pépins. J’ai égoutté les cubes et gardé le jus pour en faire… de la glace au melon. Hop, dans le bac à glaçons, les verres d’eau des petits amis auront du pep dans les prochains jours!
 
Quand Bisou est revenue du jardin, j’ai bien rincé la menthe, puis garnotté le tout dans le bol de melons. Ajouté 3-4 cuillerées combles de yogourt grec nature et environ 1 tasse de lait de soya à la vanille, à l’oeil et sans cérémonies. Mixé le tout. Versé la jolie bouette rose dans les moules à sucettes glacées. 
 
C’est au congèle à l’heure où on se parle, mais ma main au feu que ça n’y passera pas la semaine. Que voulez-vous, c’est p’t’être une déformation professionnelle, mais j’ai vraiment le tour avec le recyclage.
 
Et vous, quel sort réservez-vous aux fruits trop mûrs/trop mous?