Ça fait tellement longtemps que je veux écrire sur le sujet. J’ai longtemps hésité parce que je voulais être certaine de trouver les bons mots. La façon juste de dire ce que j’avais en tête. C’est finalement à force de vous rencontrer et de répondre à vos interrogations que je me suis dit qu’il était peut-être temps que je le fasse. Le métier que je fais, surprends, intrigue, fascine, mais lève aussi de grosses interrogations qui sont totalement normales. Je me suis donc décidé à faire le saut et de vous en parler de façon plus approfondit. Je réponds donc de façon très transparente, comme toujours, à vos questions.

Mais d’abord, avant de rentrer dans les questions plus pointilleuses, j’ai envie de vous dire pourquoi je le fais. Pourquoi j’ai choisi ce métier. D’un, j’ai toujours aimé écrire. Depuis aussi loin que je me rappelle, j’écrivais des histoires, je remplissais des journaux intimes et je tapais sur le clavier. De plus, depuis que je suis toute petite, j’ai une réelle passion pour la photo. Si ma mère était encore sur cette terre, elle vous dirait que je coutais une fortune en développement de photo. J’en mangeais. Je passais plus de temps à la pharmacie pour aller chercher mes photos que dans les centres commerciaux comme mes amies ados.

Bizarrement, je n’ai pas fait mes études dans le domaine, mais plutôt en comptabilité et en programmation informatique. Aucun lien avec ce que je fais aujourd’hui, quoi que ça me serve quand même un peu lorsque je dois programmer mon site ou faire mes rapports de taxes. Ha ha ha.

Bref, Cinq Fourchettes est arrivé dans ma vie par hasard et je remercie la vie pour ça. J’aime créer, j’aime jaser avec vous et j’adore par-dessus tout ce que je fais. Même si c’est foutrement insécurisant et extrêmement demandant, je ne changerais de place avec personne. Pour moi, c’est la combinaison ultime de tout ce que j’aime le plus au monde soit la créativité, l’écriture, la photographie et l’entrepreneuriat. C’est aussi un lien bien privilégié que je développe avec le temps avec vous et qui m’est tellement précieux. J’aime mon travail comme personne. Maintenant, rentrons dans le vif du sujet.

Qu’est-ce que ça mange en hiver un blogueur  ?

Pas mal ce que vous retrouvez sur ce site ! Ha ha ha. Blague facile, je m’en excuse. En fait, un blogueur c’est plusieurs choses à la fois. Évidemment, je ne peux que parler de ce que je suis et ce que je fais. Personnellement, je produis des recettes, des billets d’humeur et des critiques culinaires. Lors de la création de ses derniers, je me sers de mon expérience personnelle, qui disons-le est en constante évolution. Donc au cours des années, parfois, mon opinion change sur certains sujets. Normal, c’est aussi ça la vie.

Lors de la production des billets sur mon site, je m’occupe également de faire les photos, les vidéos, l’écriture et la mise en ligne. Il me faut donc porter quelques chapeaux, dont ceux de vidéaste, monteur, éditrice, correctrice, programmeur et bien évidemment, cuisinière. C’est stimulant, mais très demandant. On ajoute à ça, répondre aux gens qui nous lisent et qui nous écrivent. Les aider en cas de besoin et répondre aux nombreux courriels. Il faut aussi savoir optimiser ses réseaux sociaux et bien livrer la marchandise sur ces derniers, car ce sont des éléments à ne pas négliger. C’est donc un travail de tous les instants et qui demande des compétences très diverses.

Pourquoi les influenceurs ont-ils si mauvaise presse ?

Il faut savoir qu’il y a autant de « sortes » de blogueur / instagrammer / youtubeur / influenceur que de gens qui pratiquent ce métier. Comme dans tous les domaines, certains sont créatifs, d’autres drôles, d’autres inspirants, d’autres honnêtes et d’autres authentiques. Malheureusement, il y en a aussi des malhonnêtes, des « vendus » et des opportunistes. C’est aussi ça la réalité. Ce qu’il faut par contre savoir c’est qu’en aucun moment, le métier que je fais ne diffère des autres corps de métier.

On peut facilement nommer des gens qui ont fait la manchette pour des mauvaises pratiques dans des domaines aussi connus que le journalisme, la construction, la médecine ou l’enseignement pour ne nommer que ceux-là. Des incompétents et des malhonnêtes, il en existe dans toutes les sphères de vie. Je pense que la différence de perception dans l’opinion publique vis-à-vis les influenceurs découle du côté très médiatisé de la chose. C’est probablement aussi dû à la montée très rapide de ces derniers dans les réseaux sociaux au courant des années.

On a littéralement vu une invasion du genre. Il est donc normal que ça fasse réagir. L’inconnu c’est toujours intrigant et parfois épeurant. Il y a aussi le fait que pendant longtemps (et encore un peu aujourd’hui) aucune réglementation et code d’éthique n’ont été établis ce qui donne évidemment lieu à des dérapes occasionnelles. Ça a aussi permis à des gens peu scrupuleux de se tailler une place de choix dans le milieu. Maintenant, comme dans tous les milieux de vie, il faut savoir faire la part des choses et comprendre qu’il y a heureusement beaucoup de bons et de beaux parmi les influenceurs.

 

Pourquoi la chasse aux likes et aux partages sur les réseaux sociaux est si importante ?

Lorsqu’on ne navigue pas dans le domaine, les likes et les partages semblent bien futiles. Ça semble même être un gros trip d’égo venant de gens considérés comme narcissiques. Il faut comprendre que c’est plutôt une façon pour nous de savoir si ce que l’on met en ligne est lu. Comme nous sommes chacun de notre bord d’écran, moi ici à vous écrire et vous à lire à l’autre bout, sans aucune connexion possible autre que notre clavier, il nous faut donc des signes tangibles afin de savoir si quelqu’un est présent et lit nos billets. Ces signes sont divers et ont une valeur un peu comparable au nombre de tirage d’un journal quotidien ou d’une cote d’écoute d’une émission à la télévision. Ce sont des statistiques qui nous aident à savoir si d’un, on parle tout seul sur le web et si les innombrables heures de production des billets mis en ligne en valent la peine. Car, qu’on se le tienne pour dit, personne n’aime travailler pour rien.

C’est comme si vous donniez une conférence dans une grande salle. L’impact que vous avez si vous n’avez que 2 personnes assises devant vous n’est clairement pas le même que si vous en aviez 1000. Les heures que vous aurez mis à peaufiner votre présentation seront beaucoup plus récompensées si plusieurs personnes vous écoutent.

De façon hypothétique, si on mettait en vente une conférence qui coûte 5 $ par personne. Si vous avez travaillé 10 heures pour monter votre plan de cour et que seulement 2 personnes y assistent, on s’entend pour dire que votre taux horaire est assez catastrophique. Cependant, si des centaines de personnes se déplacent, là on commence à parler. Votre déplacement, votre temps vaudra alors tout le travail que vous y aurez mis. Autant au niveau de votre estime que de votre salaire.

De plus, le message que vous tenterez de passer lors de votre conférence et qui quittera la salle dans la tête de deux personnes versus 1000, ne se propagera pas de la même façon. Plus les gens vous écouteront, plus ils en parleront et plus d’entreprises auront le goût de vous engager pour venir parler devant eux.

C’est la même chose pour le travail que je fais. Si plusieurs personnes qui ont aimé la recette que j’ai mise en ligne prennent le temps de me le signifier en « likant » la publication ou en la partageant, je saurai alors que les heures que j’ai passées aux fourneaux, sur l’ordinateur et en studio photo auront valu la chandelle. Comme le service est offert gratuitement, c’est comme si c’était ma paie virtuelle. Et c’est de cette façon que les compagnies voudront bien travailler avec moi par la suite et que j’aurais, une paie plus que virtuelle. Parce qu’on va se le dire, je ne paie pas ma facture d’hydro ou la nourriture sur ma table avec des pouces en l’air.

Maintenant, plusieurs mesures sont possibles pour connaitre la popularité d’un billet ou d’une recette. Il n’y a pas que les likes et les partages qui comptent, mais disons que ces derniers sont très importants. Je ne rentrerai pas dans les détails, car un peu trop technique, mais sachez qu’un like et un partage c’est réellement plus qu’un trip d’égo.

Comment on fait pour en vivre ?

Ah, ça. C’est probablement la question la plus demandée. Avant d’en vivre, il faut d’abord avoir fait ses preuves. Tout comme mentionné plus haut, les likes, les vues sur le site et les partages sont intiment reliés au succès de la chose. Un blogue qui fonctionne assez bien pour pouvoir en vivre demande des années de travail et des heures incalculables de temps. J’évaluerais à plus de 60 heures semaine le temps que j’y consacre. Mes dernières vacances remontent à 3 ans et je ne compte plus les nuits d’insomnie. J’arrive personnellement à en vivre que depuis peu et croyez-moi, je ne roule pas en BMW.

Comment j’arrive à sous-tirer des sous de ce blogue ?

J’ai choisi de m’associer avec des marques que j’aime et en lesquelles je crois. Ils m’engagent donc à titre de créateurs de contenu. Je crée donc des recettes avec leurs produits et je les partage sur mon site ainsi que sur mes réseaux sociaux. C’est comme si dans le fond la compagnie engageait à la fois un chef, un photographe ou vidéaste, un rédacteur en plus de payer une place dans un magazine web pour la diffusion d’une recette mettant en vedette son produit.

Il faut savoir que comme mentionnée précédemment, plusieurs méthodes diffèrent sur le type de mandats acceptés par les influenceurs. Pour ma part, je n’accepte que de travailler avec les produits que j’utiliserais dans ma vie et au quotidien.

Une autre source de revenus pour les influenceurs c’est la publicité sur leur site. Il y a quelques années, Cinq Fourchettes en avaient. J’ai personnellement retiré ces dernières malgré le revenu qu’elles engrangeaient simplement parce que comme lecteur, les publicités m’agacent sur les blogues que je lis. C’est donc une décision de goût personnel et non un choix que mon comptable trouve bien intelligent. Mais bon, je préfère gagner moins de sous, mais offrir ce que je considère comme étant une expérience plus agréable pour mes lecteurs. C’est un choix. Je verrai si lors de ma retraite, je le regretterai ! Ha ha ha.

Comment savoir si le billet est commandité ou non ?

Il est facile pour vous de voir quelles recettes ou billets ont été commandités sur mon site puisqu’une décharge accompagne toujours ces derniers. Sur les réseaux sociaux, une mention #commandité ou #ad est toujours présente lorsque je partage les billets sous contrat. Par contre, lors d’un repartage quelques mois plus tard, je ne l’indique pas dans les publications sur les réseaux sociaux puisque le partage ne fait pas partie de mon mandat, mais est plutôt fait sur une base volontaire. La mention dans le billet est toutefois toujours présente. C’est une question de transparence et d’intégrité.

Il faut aussi savoir que je ne parle jamais de trucs qui ne collent pas à mes valeurs ou à mes goûts. Tous les opinions et commentaires émis sont les miens et j’y tiens mordicus. J’ai d’ailleurs refusé à plusieurs reprises des contrats qui ne me convenaient pas. Et ce, toujours au grand désarroi de mon compte de banque.

Vous êtes souvent reçus dans des événements ou au restaurant… c’est payant ?

C’est en effet un bel avantage. Il faut par contre savoir que nous ne sommes jamais ou que très rarement payés pour y être. Donc, lorsque je teste un restaurant en solo avec mes collègues, oui, nous sommes reçus gratuitement, mais nous ne sommes en aucun cas payés pour le faire. Je dirais même que parfois, je dois débourser des sous de ma poche. Le stationnement, le déplacement et le pourboire sont à mes frais. Donc, oui, c’est plaisant de découvrir des nouveaux endroits, mais il faut savoir que pendant ce temps, je ne suis pas avec ma famille et que je sors souvent de là avec une facture. C’est comme devoir débourser pour aller travailler. Certes dans un contexte plus plaisant que de trier des vis au Réno Dépôt, mais avec certains désavantages (temps, écriture, déplacement et pas de paie au bout de la ligne).

Nous ne sommes pas non plus payés pour écrire sur le sujet. Si je le fais, c’est que je considère que c’est une belle place à proposer à mes lecteurs. C’est donc beaucoup d’heures et d’investissement de temps pour moi.

Maintenant à chacun sa réalité, je n’ai pas le nez dans la comptabilité de mes collègues. Donc si jamais ils sont payés, vous devriez le savoir, car les mentions #ad #commandité devraient être inscrites sous la publication. Sinon, la mention #invitationmédia y est souvent indiquée pour vous signifier que l’influenceur y est allé sous l’invitation du restaurateur ou de la compagnie derrière l’événement. Ceci dit, malheureusement, ce n’est pas toujours mentionné par certaines de mes collègues. Soyez assuré que dans le cas de Cinq Fourchettes, je les mets toujours. Je veux qu’on respecte mon travail, à moi de respecter mes lecteurs en retour.

Cette image circule depuis quelques jours sur les Réseaux Sociaux et elle est sur la coche.

Comment encourager vos blogues préférés ?

  • Liker, partager, commenter. Ça aide la publication à être vu et de ce fait, à donner un signe au créateur de contenu que son travail n’est pas fait en vain.
  • Lorsque vous partagez des recettes, optez pour donner le lien menant à la recette plutôt qu’une capture d’écran. N’oubliez pas que le fruit du dur labeur du créateur de contenu c’est d’avoir accès à de bonnes statistiques. Lorsque vous partagez un copier-coller ou une capture d’écran, aucune statistique n’est comptabilisée. En plus, vous empêchez les gens de potentiellement découvrir les autres recettes offertes par le site.
  • Vos témoignages sont toujours les bienvenues. Ça nous permet de vous connaitre mieux et ça incite les autres lecteurs à tester des recettes que vous avez aimées.
  • Encouragez les blogues avec des pratiques honnêtes. Si vous sentez que l’influenceur est malhonnête, arrêtez de l’encourager.
  • Si vous demandez des formations, des cours ou des produits à vos blogueurs préférés, lorsque ceux-ci sont mis sur le marché, participez. Il arrive trop souvent que des gens réclament des trucs et après des heures de travail pour offrir le produit, ça ne se vend pas. Soyez conséquent et soyez conscient que le travail a été fait pour satisfaire votre demande. Donc si vous réclamez un événement, achetez-vous un billet. Si vous vouliez un livre de recettes, allez-vous le procurer en librairie. Ça encourage le blogueur a toujours vous en donner plus.
  • J’ajouterais que de commenter ou partager juste pour les concours, c’est comme être abonné Costco que pour la dégustation, ça ne fait pas rouler l’économie.
  • Sinon, dans votre cas les fourchettes, restez comme ça, vous êtes fabuleux.

 

Voilà mes petits choux comment ça se passe dans la vie d’un blogueur. Du moins dans la mienne. Évidemment, chaque blogueurs/influenceurs/youtubeur/instagrammer a sa réalité et sa façon de faire. Donc à vous de savoir qui vous encouragez et quelle pratique vous désapprouvez. D’ailleurs tout ça s’applique aussi pour les commerçants ou vos amis entrepreneurs comme le mentionne si bien La Journaliste sur son site, juste ici !


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