Quand j’étais jeune, je me suis fait opérée deux fois aux genoux. Rien de bien grave. mais en tant qu’ado qui se respecte, c’était pour moi évidemment la pire chose qui pouvait m’arriver. Imaginez être prise un mois avec des béquilles, quel gâchis pour mon look qui déjà était entaché par l’uniforme du collège! Je chialais sur mon pauvre sort à qui voulait bien l’entendre. La seule chose positive que j’y voyais, c’était que je pouvais sortir des cours avant les autres pour me rendre aux casiers. C’est là que ma vision sur les difficultés de la vie à changer!  
 
En effet, un de ces jours, en 4 e secondaire, j’ai dû partager l’ascenseur avec une copine d’école, que je connaissais peu, mais qui devait elle aussi prendre l’ascenseur. J’ai appris à la connaitre peu à peu et surtout à me rendre compte que ma vie, somme toute n’était pas si compliquée que ça! Joëlle, de son p’tit nom, avait un handicap majeur. Elle était née avec une malformation des 4 membres et pourtant elle était active (beaucoup plus que moi d’ailleurs)! Elle nageait, cette belle ado, et ce de façon très sérieuse! Elle se préparait à participer au jeux paralympiques!
 
Les quoi? Les paralympiques! Je ne connaissais pas à cette époque mais lorsqu’elle m’en glissa un mot, j’étais sidérée et surtout bien gênée d’avoir séché tous mes cours d’édu du secondaire sous prétexte que mon petit genou faisait un peu mal! Elle n’avait pas de limite et n’avait peur de rien! Je n’avais aucune raison. Elle m’avait du coup montré le potentiel qui découle de la détermination et m’avait éduquée sur des jeux que je ne connaissais pas! J’ai depuis suivi les jeux réguliers et paralympiques avec un autre œil. 
 
 
J’ai eu la chance la semaine dernière de revoir ce feu brûlant et cette détermination dans les yeux d’un autre paralympique et les souvenirs sont remontés à la surface. J’assistais à un dîner conférence au tout mignon restaurant Les Fillettes à Montréal avec Benoît Huot et sa maman Lucie. Ironiquement, Benoît, pratique le même sport que Joëlle. Il en est à ses 4e Jeux paralympiques! Rien de moins!
 
Né avec un pied bot, Benoit a une jambe atrophié et pourrait se plaindre de son pauvre sort! Il n’en est rien! Il est allumé comme dix, motivé comme 50 et surtout rien ne l’arrête! Dès son jeune âge, il avait envie de bouger, de défoncer des portes et canaliser son énergie! Maman et papa l’ont soutenu dans toutes ses entreprises. Tu veux faire de la natation? Aucun problème mon grand! Allons voir ce que l’on peut faire au club de natation du coin! Une passion était née et une grande aventure allait débuter!
 
 
Lucie, sa maman, nous racontait comment la famille a modelé son horaire et encouragé leurs fils dans cette aventure qui dure depuis 24 ans déjà! Comment il a été dur de laisser partir seul à ces premiers Jeux alors qu’il était encore qu’un adolescent et ne parlait pas un mot d’anglais (les textos n’existant d’ailleurs pas pour prendre des nouvelles de son fiston)! Comment les Jeux de Pékin ont été difficiles pour son fils et comment elle fait pour lui remonter le moral dans ces moments difficiles! 
 
Une femme tout aussi inspirante que son fil par l’amour inconditionnel et le support sans borne qu’elle lui donne. Une complicité flagrante entre ces deux-là font que j’en suis ressortie bouleversée et inspirée. Inspirée à offrir à mes enfants tout ce support dont ils ont besoin pour accomplir ce qui semble inatteignable parfois! Le support des proches est si important!
  

D’ailleurs, Benoit nous disait qu’il pouvait aussi compter maintenant sur le support de PG pour pouvoir s’entraîner et poursuivre ses rêves sans autant se soucier des défis financiers qui viennent avec le sport de haut niveau. Qu’il souhaite un jour que les Paralympiques soient aussi reconnus que les Jeux olympiques et qu’à travers l’éducation, des jeunes et moins jeunes, ces Jeux soient plus visibles et connus! Je crois qu’en tant que population, nous devrions demander aux grandes chaînes sportives de diffuser d’avantage les Jeux paralympiques et pas seulement à 23 h le soir lors que personne ne regarde! 

Bref, je suis vraiment chanceuse de pouvoir me laisser inspirer par des gens comme Benoît et Lucie. Comme quoi dans la vie, les limites c’est nous qui nous les imposons! Il est important de se donner des buts à atteindre, et d’y travailler sans ménagement. Lucie nous citait ce qu’elle disait à son fils pour l’encourager. On vise toujours la cerise sur le sundae, mais si jamais tu n’arrives pas à l’avoir, est-ce que ça veut dire que le sundae n’était pas bon? Non! Sois fière, vise haut, mais n’oublie pas tout le parcours que tu as fait pour t’y rendre, car ça aussi c’est extraordinaire!
 
 
Croyez-moi qu’en arrivant à la maison, j’en ai parlé à ma cocotte qui vise l’école de médecine. Benoît a servi d’exemple pour prouver qu’avec les efforts nécessaires, on peut y arriver, mais qu’il ne faut surtout pas se décourager et qu’avec notre support, tout ira bien!
  
Je vous laisse regardez la vidéo de PG de la campagne « Merci maman! » et jurez-moi que vous serez capable de ne pas pleurer! Moi, je pleure à tout coup parce que c’est aussi ça être maman! Se donner à fonds sans rien attendre en retour autre que le bonheur de nos enfants. Que ce soit les encourager et les féliciter dans les bons moments mais aussi les consoler et les pousser dans les moins bons! 
 
Bonne chance Benoît pour les Jeux de Rio, je suivrai tes performances au loin, c’est une promesse et ce, avec mes enfants!