Ode aux oeufs et aux merguez. - Cinq Fourchettes
Dans mon frigo, des tablettes vides.
Dans mon garde-manger, rien qui ne vaille.
Dans le congélateur, plus rien.
C’est souvent comme ça la veille de ma corvée d’épicerie. Mon fridg crie famine tellement que Vision Mondiale pourrait débarquer à tout moment. Pis ça fini plus souvent qu’autrement à la cantine du coin.
Ah oui! Tiens. Cachées entre le bac à glaçons et un pain brun : huit merguez.
« Ô miracle! Mon souper est sauvé! Pas besoin de caller une pizz! » ai-je crié à qui voulait l’entendre.
Je me pensais bien bonne avec mes saucisses dans la main. Comme une fille qui venait de franchir la ligne d’arrivée du marathon de New York en moins de trois heures. Comme Ben Affleck quand il est allé chercher l’Oscar du meilleur film. Comme Pauline Marois qui livre son premier discours en tant que première ministre.
Après être descendue de mon piédestal, j’ai réalisé qu’il faudrait plus que huit merguez dans une poêle pour penser accoter Jamie Oliver dans un coin. C’est sûr qu’un peu de ketchup pourrait aider à relever la patente.
Mais si on allait plus loin? Poussons la réflexion un peu encore, question de pouvoir se péter les telles qu’on a réinventé l’électricité avec mes saucisses rouges épicées.
Je jette un second regard dans le frigo. Je sors la douzaine d’œufs. Je regarde à nouveau dans le garde-manger. J’en reviens avec des pommes de terre.
Sur le comptoir, on retrouve trois ingrédients. J’ai l’impression de faire face à une équation algébrique à un inconnu. Que donnera la combinaison de ces trois trucs? Mystère!
Je décide d’ajouter des oignons à mon problème mathématico-nutritionnel. Puis, je pige au hasard dans l’armoire à épices. C’est sur le cumin et la cardamone que je tombe.
Sans me questionner, je coupe les saucisses en tronçons d’un pouce. Je fais subir le même sort à mes oignons. Je fais bouillir de l’eau et j’y jette mes pétaques. En voulant aller chercher de l’ail dans le réfrigérateur, je vois une tomate bien rouge qui s’ennuie dans le bac à légumes. Vraiment, on va s’amuser.
Je casse les œufs. Ajoute les épices. Mélange le tout. Passe ma poêle au four.
Joie. Dedans. Ma. Bouche.
La recette du bonheur, c’est moi qui l’aie. Arrêtons de dépenser en thérapie, en vin trop cher, en tout inclus dans le sud. Investissons dans des œufs. Pis des merguez.

Ingrédients :
–           8 merguez
–           1 grosse tomate coupée en petits cubes
–           1 oignon coupé en tranches fines
–           1 pomme de terre coupée en petits cubes
–           2 gousses d’ail émincées
–           1 c. à thé de cumin
–           1 c. à thé de cardamone
–           2 c. à soupe d’huile de canola
–           8 oeufs
Étapes :
  1. Faire dorer les saucisses dans une poêle à feu vif. Réserver. Quand elles seront tièdes, les couper en trois ou quatre morceaux.
  2. Faire bouillir une bonne quantité d’eau et y jeter la pomme de terre. Cuire trois ou quatre minutes. Égoutter la pomme de terre et la faire rissoler dans 1 c. à soupe d’huile chaude dans une poêle jusqu’à ce que les morceaux soient dorés. Ajoutez l’ail et la tomate et faites cuire, toujours à feu moyen-vif, pendant deux ou trois minutes.
  3. Battre les œufs et y ajouter les épices (cumin et cardamone).
  4. Ajouter le restant de l’huile (1 c. à soupe) dans la poêlée de pomme de terre et y ajouter le mélange d’œufs. Baisser un peu la chaleur du feu et laisser prendre l’omelette. Ajouter les saucisses. Saler et poivrer.
  5. Terminer la cuisson au four, à 350 F pendant une dizaine de minutes.