Assiette de loup marin au Bistango

Je suis certaine que comme plusieurs personnes (moi la première),  vous avez en tête la fameuse image d’un blanchon qui saigne sur la banquise lorsque l’on parle de viande de phoque. Ces photos avaient été abondamment mises en circulation lorsque Brigitte Bardot était partie en guerre contre la chasse aux phoques, il y a plusieurs années de cela. Ça marqué l’imaginaire de plusieurs, et pour cause. Un petit animal, aux yeux brillants et gros comme des billes, qui saigne sur un tapis blanc de neige, ça frappe comme image ! Ça me fait penser aux images chocs de Benetton à l’époque ! Tout pour déstabiliser ! 

Sans le savoir, j’en ai mangé. 

Lorsqu’il y a plus d’un an, on m’a offert un steak de loup marin lors d’un événement, j’avoue très humblement que je n’avais pas fait le lien avec les phoques. J’ai, comme une épicurienne assumée, planté ma fourchette et dégustée avec engouement ce que le chef du Bistango m’offrait lors d’une soirée festive soulignant les 30 ans de ce restaurant de Québec.

Quand j’ai fait le lien, j’avais déjà entamé la chose et je m’étais déjà exclamée à plusieurs reprises sur la « déliciosité » de mon repas. Dans le plus grand des hasards, assis à mes côtés, se trouvait une blogueuse originaire des iles de la Madeleine. Elle m’a alors expliqué que le phoque adulte était en surpopulation et que sa croissance était fulgurante faute de prédateur. Cette même population était en train de ravager les ressources de poissons et même de homards de la région. Les derniers chiffres donnaient alors une population de plus de 7.4 millions de phoques du Groenland et un demi-million de phoques gris. Ce qui est ÉNORME ! Elle me racontait qu’il était rendu difficile pour les pêcheurs de faire abstraction de ce problème puisque les phoques mangeaient tout sur leur passage. J’étais sous le choc ! Je n’avais aucune idée de ce qui se passait et franchement, je m’étais aussi arrêtée aux images véhiculées dans les médias lorsque j’étais plus jeune. Tsé, l’idée que « biscuit » le petit animal fétiche de Cannelle dans Passe-Partout finisse en steak dans mon assiette, c’était troublant !

 

Le hasard fait bien les choses

Bref, un an plus tard, grâce à Patrick Deraspe, un collègue de travail de mon frère, j’ai renoué avec la viande de phoque. Cet homme est passionné et m’a piqué la curiosité !  J’ai donc été à la rencontre du chef Benoit Lenglet, professeur à l’ITHQ et de Romy Vaugeois, directrice au développement des affaires de Seadna à même l’ITHQ pour parler de cette viande, un peu controversée, mais aux avantages très impressionnants. J’y suis allée, l’esprit ouvert afin de mieux comprendre la situation.

J’allais alors apprendre les enjeux entourant le loup marin et surtout ce qui se cache derrière cette vieille polémique de la chasse aux phoques. J’ai entre autres appris que la chasse aux blanchons est interdite depuis près de 30 ans même si dans certains média, on y réfère souvent pour inciter les gens à ne pas encourager cette industrie. J’ai aussi appris que la chasse se fait de façon non cruelle au contraire de la croyance populaire. Après quelques recherches sur le sujet (je n’allais pas avaler toutes ces informations sans aller fouiner un peu), j’ai lu que la chasse au phoque est l’une des méthodes d’abattage les moins cruelles du monde selon le gouvernement Canadien. 

« Le processus scientifique canadien en trois étapes permet de s’assurer que les animaux sont abattus rapidement et sans cruauté. Élaboré et mis en œuvre en fonction des recommandations du groupe de travail de vétérinaires indépendants, le processus d’abattage en trois étapes est aussi humain, sinon plus, que la plupart des autres méthodes d’abattage d’animaux sauvages ou domestiqués pratiquées dans le monde ».

Source : le site gouvernemental de Pêches et Océans Canada

Imaginez ! On navigue encore sur cette vieille photo choc du petit blanchon sur la banquise pour garder la controverse sur cette viande extrêmement riche en fer et très pauvre en gras alors qu’on ferme les yeux sur beaucoup d’autres méthodes commerciales douteuses. 

source: Seadna

Quels sont les avantages de la viande de loup marin?

Le loup marin est utilisé presque dans son entièreté. Sa viande est une excellente source de protéines (15 g par portion de 30 g) et a une forte concentration en zinc, fer et magnésium. Elle est aussi très faible en gras. Son goût un peu ferreux, est très distinct. En plus, on transforme non seulement l’animal en viande, mais on utilise aussi sa peau dans la confection de vêtement. Le « gras » est aussi récupéré pour faire des capsules d’Omega 3 que l’on connait évidemment tous pour ses bienfaits sur l’organisme.

Ça vous intrigue ?

Vous pouvez découvrir les produits de loup marin lors du premier Phoque fest (J’adore le nom) qui se déroule du 22 mars au 1er avril à Montréal et Québec. Plusieurs restaurants bien connus vous donnent la chance de goûter à cette viande très goûteuse et excellente pour la santé. Pour vous permettre de démystifier la chose, plusieurs restaurants de Montréal et de Québec serviront de la viande de loup marin sur leur menu. Vous pourrez entre autres la déguster au Pastaga, chez Nom Nom ou encore à l’ITHQ pour ne nommer que ceux-là.

Tous les détails sont ici : https://phoquefest.ca/

Surtout, bonne découverte !